Rêves et cauchemards, chapitre 2.
Chapitre 2 :
La nuit avait été courte pour Naruto, à peine endormi que les premières lueurs de l’aube avaient fait leur apparition et Jiraya le sortait de son sommeil pour prendre le chemin.
Il fut bougon durant toute la durée du trajet, jusqu’à ce qu’ils arrivent aux abords de grands champs en culture où des paysons s’affairaient à ramasser les récoltes. En voyant ce spectacle, Naruto se demanda quelle saison traversait son village natal. La nostalgie surenchérit sa fatigue.
Konoha me manque…
Naruto accéléra le pas et rattrapa l’ermite.
-On est bientôt arrivé l’ermite-pas-net ?
-Nous sommes arrivé, tu ne vois pas ?
Naruto se tût, regarda autour de lui les immenses champs qui s’étalaient de tous les côtés, mais il ne fut pas convaincu.
-Vous aviez dit que Monzaku était une ville, objecta Naruto, je ne vois que des petites fermes dans les environs, il n’y a pas un seul grand bâtiment…
-Décidemment, on ne vous apprend pas grand chose à l’académie, se moqua Jiraya.
Naruto fit une grimace, il chercha à rassembler dans sa mémoire les quelques bribes de cours qu’il avait retenu auprès d’Iruka-sensei, mais en vain.
-La ville de Monzaku, expliqua Jiraya, est une grande métropole qui vit principalement de son agriculture. Comme tu le vois, c’est ici que la ville exploite ses terres, mais…
Jiraya montra du doigt un point éloigné à l’horizon. Naruto regarda attentivement dans la direction indiquée par le vieux ninja, mais ne voyait pas ce que son maître semblait voir.
-Euhhh… Je vois rien…
-C’est normal, fit Jiraya, nous avons beau suivre la route principale, nous ne verons jamais la ville apparaître à l’horizon…
Le visage de Naruto se tordit d’incompréhension. En le voyant ainsi, Jiraya souria et continua de marcher comme si de rien n’était. Après quelques instants, la route que suivaient les deux ninjas originaires de Konoha s’arrêtait subitement au bord d’un précipice d’une hauteur effrayante. Naruto était ébahi, non pas par le relief perilleux qu’offraient ces falaises, mais par ce qu’il voyait depuis sa position.
-Voilà pourquoi j’ai dit que nous ne verons pas la ville avant d’y arriver, fit Jiraya tout sourire, j’espère que tu comprends maintenant.
Maintenant oui… je comprend…
Du haut de la falaise, Naruto voyait dans toute sa splendeur l’immense ville de Monzaku qui semblait s’étendre à l’infini jusqu’à une mer azurée. La métropole avait été bâtie à l’intérieur même d’une sorte de cuvette : la falaise où ils se tenaient tous deux encadrait la ville sur plusieurs kilomètres pour se terminer aux bords de la mer. Naruto s’aperçu que de nombreuses cascades alimentaient un large réseau de rivières qui traversaient la cité pour se jeter dans la mer. Mais ce qui impressionna le jeune ninja fut le bruit assourdissant de toutes ces cascades qui se jetaient du haut des falaises : en cours de route, Naruto ne les avait même pas entendu, ni même soupçonné la présence d’un cours d’eau dans la région.
-Cette région est si irriguée qu’il aurait été idiot de ce priver de cette eau pour l’agriculture, commenta Jiraya, mais cette ville est aussi un nœud important pour les échanges commerciaux avec l’autre continent plus à l’Ouest, au-delà de la grande mer.
-Il y a un autre continent de l’autre côté ?! s’étonna Naruto qui n’avait jamais entendu parler d’une telle chose.
Jiraya acquiesça d’un signe de tête.
-Mais dites-moi ero-sanin, fit Naruto, comment fait-on pour aller en ville ?
Pour seules explications, Jiraya se pencha au bord du précipice et montra à Naruto d’étranges escaliers taillés dans la roche des falaises. Naruto en fut plus qu’impressionné.
-Il y a plus de cent escaliers du même type sur les flancs de ces falaises, lança Jiraya en montrant du doigt d’autres escaliers creusés à même la falaise, c’est pourquoi on surnomme cette ville « la cité aux milles marches », ou encore « la cité des murmures » à cause du bruit incessant de ces cascades. D’ailleurs, les habitants de ce versant sont constamment dérangés par la pollution sonore, c’est pourquoi ils ont installé à la place d’habitations des quartiers de plaisir…
Quand Naruto vit la lueur dans les yeux de son sensei et la teinte rouge qu’avait prisent ses joues, il sût que l’inspiration venait de rejaillir chez son maître.
-Je sens que ça va se terminer comme lors de notre séjour à Tanukong… murmura Naruto.
-Je t’ai entendu, grinça Jiraya, je préfère oublier cette mauvaise journée s’il te plait…
-Bien bien… ronchonna le jeune garçon.
« Mais au fait, vous avez dit que Monzaku était une ville commerciale… je vois le port au bout de la ville, mais les marchandises qui viennent de l’intérieur de notre continent, comment font-elles pour descendre ces falaises, je ne vois aucun passage pour les bestiaux et les caravanes…
-Mais c’est grâce aux cascades, répondit Jiraya. Les habitants de cette ville ont installé des points stratégiques juste avant les chûtes d’eau, là, ils transbordent les marchandises venant de l’extérieur dans des caisses hermétiquement fermées et les laissent suivre le cours d’eau… Ah ! regarde là-bas.
Jiraya pointait sa lorgnette vers une cascade bien plus au nord, il l’offrit à Naruto qui put voir au travers un homme en train de pousser d’étranges tonneaux dans l’eau. Ces-derniers tombèrent du haut de la falaise et coulèrent au fond de l’étang où se jetait la cascades. Après quelques secondes, Naruto vit les barriques remonter à la surface et se mettre à flotter comme des bouchons de liège. C’est alors que deux autres hommes au pied de la cascade s’affairèrent depuis les bords de l’étang et convoyèrent les tonneaux à la force de leurs perches. Ils les hissèrent hors de l’eau et firent signe à d’autres personnes de les rejoindre, apparemment des marchands, les propriétaires des marchandises.
-C’est impressionnant, avoua Naruto, mais les bêtes ? Ils ne les mettent pas dans des tonneaux eux-aussi ?!
-Mais non triple idiot ! C’est là toute l’ingéniosité de la chose : la ville fait payer ces marchands pour garder leurs bêtes et leurs caravanes en haut de la falaise pendant qu’ils sont en ville pour leurs affaires ; mais ils font aussi payer le transbordement des marchandises et le passage par la voie d’eau, ainsi que la récupération des tonneaux, expliqua Jiraya, et bien sûr, ils louent à la journée des charettes et leurs propres bêtes de somme pour transporter les tonneaux à travers la ville.
-Mais alors, les habitants d’ici doivent être riches ! s’étrangla Naruto.
-Certains des habitants de cette ville gagnent en une journée ce que toi tu gagnerais en accomplissant des missions pendant un mois, glissa Jiraya tout sourire.
Le vieux ninja ne s’attarda pas sur la tête horrifiée que faisait son élève et descendit les escaliers de pierre en sifflotant d'un air léger.