Rêves et cauchemars, chapitre 8.

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Chapitre 8 :

 

Qu’est-ce que c’est ?

Je sens comme une brise sur mon visage…

Quelle est cette odeur… elle est si douce, je m’en souviens bien, c’est si familier, mais… non j’ai oublié…

Il fait si noir… Je ne vois rien…

Attends… mais je bouge ?! Je sens mon corps balancer, mais je suis immobile… non je ne marche pas… quelqu’un… oui, quelqu’un me porte…

Mais cette odeur… elle sent si bon, pourquoi je sais ce que c’est ? Et pourquoi je ne m’en souviens pas…

Aïe ! Ça brûle ! Qu’est-ce que c’est ?! Tout est devenu rouge… C’est… ce ne serait pas le soleil ? ‘Tin ça brûle…

Mais… je n’arrive pas à ouvrir les yeux… mes paupières sont collées ou quoi !?

-Hey Naruto, réveille-toi on est bientôt arrivé !

-Hein ?

C’est alors que les paupières du jeune ninja perdirent subitement de leur poids et il ouvrit les yeux. Mais il fut aussitôt ébloui par les ardents rayons du soleil. Naruto avait beau battre des paupières, se frotter les yeux, il n’arrivait pas à se débarrasser des auréoles colorées qui couraient sur sa vision. Le jeune ninja passa sa main en visière au-dessus de ses yeux pour se protéger du soleil, dès qu’il se fut habitué, il reconnut autour de lui des arbres, une forêt, un chemin de terre battue, le ciel bleu et sans nuage et une douce brise.

A moitié endormi encore, Naruto n’avait pas remarqué tout de suite qu’il se trouvait sur le dos de son maître, Jiraya. C’était bien la seule fois où il s’était trouvé dans ce cas de figure, Naruto n’en revenait pas.

-J’ai dormi longtemps ? Où sommes-nous ?

-Pendant tout le trajet, tu étais tellement éreinté que tu ne pouvais plus faire un pas sans trébucher, fit remarquer Jiraya. Et puis… ne me dit pas que tu ne sais pas où nous sommes…

Naruto arqua faiblement un sourcil. Il tourna la tête et jeta un coup d’œil autour de lui. Des arbres, une forêt, un chemin terre battue…

Oui… ça me dit quelque chose…

Le shinobi avait ce mot sur le bout de la langue, mais il n’arrivait pas à s’en rappeler… comme de cette odeur, mais étrangement elle avait disparu. C’est alors que Naruto tendit le cou par dessus l’épaule de son sensei et vit à quelques pas de lui une immense porte cochère aux proportions gigantesques, le fronton marqué du même emblême que celui imprimé sur son bandeau frontale.

-Mais c’est… Konoha !!

Naruto avait l’impression de faire un rêve. L’esprit encore embué par son réveil récent, le ninja blond glissa du dos de l’ermite et fit quelques pas vers les portes de son village natal. Il s’approcha et tendit une main, de peur que les portes ne disparaissent sous ses yeux comme dans l’un de ses cauchemards. Mais elles ne disparurent pas lorsqu’il les toucha. Elles étaient bien là, bien réelles.

Naruto se tourna vers Jiraya qui affichait un sourire rayonnant.

-Vas-y gamin, lui lança l’ermite, ne m’attend pas.

Naruto ne se fit pas prier. Dès l’instant où il poussa les lourds battants, les portes s’ouvrirent devant lui, s’écartant pour le laisser remonter la grande allée de son village. Le jeune ninja se mit à courir comme un gamin qui se met à visiter un immense magasin, balançant son regard sur toutes les merveilles qui lui avaient tant manqué depuis son départ de son village natal. Chaque maison était à sa place, chaque ruelle, chaque échoppe, rien n’avait changé au grand bonheur du shinobi.

Naruto grimpa le long d’un poteau téléphonique et se posa à son sommet. De cette hauteur, le ninja de Konoha pouvait contempler toute l’étendue de son village natal. Il voyait au loin l’académie ninja qu’il avait si longtemps fréquenté, Iruka-sensei devait être en train de donner ses cours à la classe de Konohamaru.

Encore plus loin, surplombant le village caché de la feuille, les visages de pierre des hokages de Konoha étaient toujours là, comme surveillant par-delà le temps le village qu’ils protégeaient autrefois. Mais aux côtés des quatre visages masculins taillés dans la roche de la montagne, un autre aux traits plus féminins avait été rajouté.

Tiens ? Ils ont rajouté le visage de mamie Tsunade !

-Naruto !

Le ninja se figea et tendit l’oreille. Quelqu’un venait-il de l’appeler ?

-Naruto ! Par ici !

-Youhou !! On est là !

Le shinobi se laissa guider par les voix si familières qui l’appelaient. D’un seul bond du haut de son perchoir, il avait eu l’impression d’avoir sauté par-dessus tout un pâté de maison. Non, c’était comme si le sol en-dessous de lui avait glissé pour lui permettre d’atteindre une petite échoppe. Chez Ichiraku.

Il s’avança vers la petite boutique de ramens, étrangement attiré par l’odeur alléchante qui s’y dégageait.

Il ne semble y avoir aucun client… pourquoi Ichiraku ferait cuire des ramens pour rien ? C’est du gachis.

Naruto passa la main au travers des voiles de la boutique, mais alors qu’il allait passer la tête, quelque chose lui sauta dessus. Deux bras s’enroulèrent autour de sa nuque et le firent partir en arrière.

-Bienvenue à la maison Naruto-kun !

Le ninja tout penaud baissa les yeux vers la personne aux cheveux roses qui la serrait ainsi. Une couleur magenta teinta alors les joues du ninja.

-…Sakura…chan ?

-Bienvenue chez toi ! hurlèrent d’autres voix.

Naruto leva les yeux vers la boutique d’Ichiraku d’où pleins de visages souriants venaient d’apparaître. Il retrouvait là tous ses amis de Konoha, Kiba, Shino, Hinata , Choji, Shikamaru, Ino, Lee, Neji, Tenten et tant d’autres visages qui lui rappelaient toutes les aventures qu’ils avaient traversé ensemble.

-Alors Naruto, content d’être revenu ? lança une voix derrière lui.

Le shinobi se retourna pour voir Kakashi-sensei lui adresser un geste de la main, accompagné de Gaï, Azuma, Kurenai, Tsunade, Shizune et Jiraya. Derrière eux, Iruka et le trio de Konohamaru venaient les rejoindre pour fêter le retour de Naruto. Ce-dernier ne savait pas quoi dire, ces retrouvailles étaient si subites que le shinobi ne savait pas comment réagir devant cette vague de joie qui le submergeait.

-Allez Naruto, on t’a commandé un bol pour fêter ça, lança Kiba, c’est nous qui payons !

-C’est vrai ? Mais il ne fallait pas, bafouilla Naruto.

-Ne fais pas ton modeste, allez entre !

Autant avec ses paroles qu’avec ses gestes, Sakura poussa Naruto à l’intérieur de l’échoppe d’Ichiraku. A peine entré, on le vissa immédiatement sur le dernier siège innocupé.

-Alors gamin, commença Ichiraku, j’espère que tu as faim car quelqu’un t’a préparé un vrai plat de roi rien que pour toi !

Le chef Ichiraku s’écarta pour laisser passer la silhouette fragile d’une jeune fille.

-Hinata-chan ? s’étonna Naruto.

La jeune kunoichi lui adressa un sourire timide en évitant soigneusement le regard de Naruto. Elle était visiblement très gênée d’être devant lui. Mais Naruto était bien plus surpris de la voir habillée différemment que dans son souvenir : elle portait un kimono de travail bleu terne qui lui arrivait jusqu’aux coudes et un tablier couvert de farine par dessus, tandis que ses cheveux étaient tenues par un fichu rose pâle qui mettait en valeur la blancheur de sa peau.

Hinata est vraiment mignonne dans cette tenue… elle pourrait très bien travailler à l’échoppe avec Ayame  lorsque son père aura quitté le commerce.

Hinata tenait entre ses mains un large bol de nouilles qui semblait extrêmement lourd pour elle. Mais sans montrer de faiblesse, la jeune fille aux yeux de nacre posa le bol devant le ninja blond qui pâlit d’allégresse en voyant le contenu de son bol.

-C’est un spécial de luxe avec supplément de viande ! précisa Ichiraku en posant une main sur l’épaule d’Hinata. La jeune Hyuga s’est donnée beaucoup de mal pour préparer ce plat, alors tu as intérêt à bien déguster !

-Ça il n’y a aucun doute ! lança Naruto tout sourire.

Il empoigna une paire de baguette et trempa ses ustensiles de bois dans le bouillon pour en extirper un beau morceau de viande.

-Itedekimas !

En avalant cette première bouchée, le jeune garçon ne put résister à ce frisson qui courrait le long de son échine. Jamais il n’avait été si comblé de toute sa vie et cette bouchée de viande, déjà fabuleusement bonne, venait de lui tirer des larmes de joie qu’il n’arrivait pas à réfréner.

-C’est si mauvais que ça ? demanda timidement Hinata.

-Mangeons !!! hurla Choji.

-Chef ! La carte s’il vous plait!

C’est dans une muette contemplation que Naruto observait ses amis dans ce léger chahut. Mais c’est alors qu’il remarqua une silhouette au fond de la petite boutique qu’il n’avait pas encore remarqué. En l’observant plus attentivement, Naruto se surprit à épier une femme plutôt mure que son maître, Jiraya, tentait d’aborder avec une coupe de Sake entre les doigts. Les traits du visage de cette femme étaient fins et pointus presque provocants, voir même agressifs, mais elle inspirait autour d’elle beaucoup d’assurance et de charme. Ses cheveux avaient la capacité étrange de changer de couleur : ses mèches réfléchissaient toutes les nuances de bruns qui pouvaient exister, passant des couleurs fauves à la terre de sienne selon l’éclairage. Le ninja de Konoha n’aurait pas pu dire avec certitude si elle les portait longs ou courts tant ses cheveux se confondaient avec le manteau de fourrure qu’elle portait, mais dix épingles d’or enfouies sous sa chevelure semblaient dessiner un halo semblable à un soleil au-dessus de sa tête.

A son visage finement maquillé et ses formes généreuses, Naruto l’imaginait courtisane ou geisha. Il se rangea à sa première hypothèse lorsqu’il vit deux oreilles couvertes de fourrure percer de sous ses cheveux. Il se souvenait avoir déjà vu des jeunes femmes arborer des oreilles d’animaux dans certains établissements ou l’ermite partait faire ses « recherches » et trouver son « inspiration ».

L’ermite-pas-net a dû l’inviter… toujours à penser aux femmes…

Elle tourna lascivement la tête et croisa les yeux du jeune shinobi, comme si elle avait senti le poids de son regard sur elle. Elle lui adressa un petit sourire en levant sa coupe dans sa direction. Naruto rougit de plus belle et bafouilla par un geste maladroit un remerciement avant de replonger son regard dans son bol de nouilles et de voir son propre reflet dans le bouillon de ses ramens.

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