Broken Angel, Verset 3
Verset 3
Même si Grande Bonté était une des plus grandes merveilles de l’univers, ses bas-fonds ne reflétaient pas sa beauté, comme la niveau carcéral de l’immense cité spatiale. Cette section de l’astrolabe était la plus sombre et la plus vaste. L’immense faisceau lumineux d’un ascenseur anti-gravité était le seul accès pour pénétrer dans la section carcérale. Le rayon blanc de l’ascenseur atterrissait au beau milieu de deux colonnes sur une plate-forme circulaire suspendue au-dessus du vide. Deux passerelles de chaque côté de la plate-forme permettait d’accéder à une large corniche faisant la circonférence de l’immense salle. Quatre portes automatiques menaient aux cellules, dans une niche de deux à trois mètres carrés se trouvaient un ascenseur anti-gravité menant à un second niveau identique au premier. En passant la tête par-dessus la corniche, on pouvait voir un dernier niveau en dessous des autres et enfin, le vide. En tout, il y avait trois niveaux identiques gardés par une trentaine de brutes, deux devant chaque porte et six autres affectés à la surveillance de l’ascenseur principal ; tous étaient armés de lance-grenades.
Brisant le silence de la section pénitentiaire, le bruit caractéristique de l’ascenseur principal avait attiré l’attention des six brutes le gardant. Tous les six levèrent les yeux vers le sommet de l’ascenseur où devait arriver le nouveau venu. Mais ils ne virent personne descendre de l’ascenseur. Comme si de rien n’était, les brutes reprirent leurs bruyantes discussions.
-…et tu sais ce que j’ai fait ? J’ai attrapé leurs deux crânes et je les ai fracassés l’un contre l’autre !
Les brutes rirent à gorge déployées, on aurait dit plus un rugissement qu’un simple rire. Les brutes avaient une carrure impressionnante : ils auraient put écraser un élite par leur seul force brute. Mais leur intelligence était inversement proportionnelle à leurs capacités physiques.
Trois niveaux plus bas, de chaque côté d’une porte covenant automatique, deux brutes échangeaient quelques grognements.
Soudain, un léger tintement métallique alerta les deux colosses. Ils se figèrent et regardèrent dans la direction d’où provenait le bruit. Ils fixèrent leurs regards sur un container d’armes. L’armoire à glace était suffisamment grande et large pour offrir une bonne cachette. Les deux immenses gorilles s’approchèrent silencieusement, leurs fusils à plasma braqués sur le container. Les brutes s’attendait à tout moment qu’un diable sorte de derrière le container. Lorsque l’un des garde passa devant la porte qu’ils gardaient, celle-ci s’ouvrit automatiquement. D’un seul bond, les deux brutes passèrent de chaque coté du container d’arme pour surprendre l’intrus et l’abattre de leurs tirs croisés. Mais il n’y avait personne derrière le container. L’un des gorilles regarda le sol comme s’il s’attendait à y déceler une réponse. La masse de muscles s’accroupit et ramassa un écrou en métal. Il leva les yeux au plafond puis jeta le petit bout de métal par-dessus la corniche.
-Fausse alerte…
Les deux brutes retournèrent à leur poste de chaque côté de la porte. La porte ne détectant plus aucun mouvement se referma. De l’autre côté de la porte covenant, se trouvait un petit couloir de quatre mètres de long plongé dans le noir. L’air sembla se distordre, on aurait dit qu’une forme floue venait de traverser le couloir vers la seconde porte au bout. Un léger ultrason fit vibra dans l’air et un élite en armure bleue apparu comme par magie. Le Sangheili longea le mur et se cala dans le coin gauche de la porte. Les ténèbres du couloir ne permettaient pas de distinguer les traits de l’intrus. Ce dernier passa le bras devant la porte et le retira brusquement lorsque la porte s’ouvrit. L’élite activa le camouflage de son armure et pénétra dans l’allée de cellules. Par chance, il n’y avait pas un seul garde.
On pouvait compter jusqu’à huit cellules, soit quatre de chaque côté de l’allée. Dans la première cellule de droite se trouvait un groupe de quatre rapaces se disputant un os. Un peu plus loin, l’élite invisible vit avec une pointe de dégoût qu’un squelette de Sangheili était enchaîné au mur d’une autre cellule. Il remarqua qu’il manquait un tibia à la dépouille. Voilà donc d’où provient l’os que se disputent ces charognes…
L’élite camouflé avança jusqu’à la dernière cellule où il vit un de ses semblables en armure dorée assis au fond de sa cellule. Il s’agissait du commandant hérétique jugé lors de la dernière réunion du Grand Conseil.
Le prisonnier leva la tête et regarda à travers les barreaux de sa cellule.
-Qui est là ? demanda l’élite, si tu viens m’assassiner cesse de te cacher et montre toi…
Le Sangheili invisible n’était pas surpris que l’ancien commandant ait senti sa présence. L’élite porta sa main à son armure, il désactiva son camouflage et apparut aux yeux du prisonnier.
-Que fais-tu ici Sephadee…demanda l’élite d’or dans un soupir.
La jeune femelle posa un genou à terre et fixa son supérieur.
-Commandant…
L’élite eut un haussement d’épaules.
-Même si j’ai encore les couleurs de mon grade, cela ne compte plus une fois derrière les barreaux de cette câge.
-Laharl, qu’ont-ils fait de toi…
L’élite ricana doucement.
-Décidément je déteste encore plus que l’on prononces mon nom…
Sephadee tira de sa ceinture son fusil à plasma et dirigea l’arme vers la cellule. Laharl eut un regard d’étonnement lorsqu’il vit l’arme pointé sur lui.
-Quelques rafales de plasma sur ces barreaux et vous pourrez sortir de là, assura la femelle, restez où vous êtes, vous serez libre dans quelques secondes.
La Sangheili dirigea le canon de l’arme vers l’un des barreaux, mais la main du commandant abaissa l’arme et stoppa ce que Sephadee s’apprêtait à faire. La jeune Sangheili leva les yeux vers l’élite doré, le regard implorant de la femelle lui demandait implicitement une explication. Les yeux du prisonnier croisèrent ceux de son ancienne subordonnée.
-Mon honneur a suffisamment été bafoué…je ne désire pas m’infliger moi-même une nouvelle honte, expliqua le Laharl d’une voix calme.
-Mais…tu vas être exécuté demain à la première heure, implora Sephadee.
-Depuis quand me tutoies-tu ? demanda l’élite avec un sourire.
Sephadee baissa la tête honteuse de son comportement envers son supérieur hiérarchique.
-Non…demain je ne serais pas exécuté…demain je serais seulement torturé, ils doivent d’abord faire un exemple pour tout ceux qui feront…une erreur. Ils veulent me voir ramper et non mourir, rassures toi.
Les yeux de Sephadee se firent larmoyant. Elle posa sa tête contre l’un des barreaux de la cellule et avec une douceur extrême, elle posa sa main sur celle de Laharl. En réponse à son inquiétude, le commandant posa sa main sur l’épaule de la Sangheili et approcha sa bouche de l’oreille de la femelle.
-Laisse moi…
L’élite d’or retira sa main de l’étreinte de la femelle et se retira au fond de sa cellule. Sephadee se releva sur ses deux pattes à contre cœur. Elle remonta l’allée, accompagnée par les piaillements des rapaces. Elle passa la première porte et lorsque la seconde s’ouvrit devant elle, elle activa rapidement son camouflage et passa entre les deux brutes qui gardaient l’entrée. Toujours invisible, elle remonta les niveaux et passa devant le groupe de six brutes qui gardait l’ascenseur principal. Elle se plaça sous la lumière et l’ascenseur l’emmena dans son courant ascendant. De nouveau, le bruit caractéristique de l’ascenseur attira l’attention des brutes, mais ils ne virent toujours pas l’élite qui avait réussi à passer leurs lignes.
-Ces ascenseurs commencent sérieusement à déconner, grogna une des brutes.
