Broken angel T.3, verset 20.
Verset 20 :
2252 heures, 20 novembre 2552 (Calendrier militaire) / Système Halo Delta, à bord du Lightening Storm, salle de contrôle.
Une étoile filante aux couleurs d’argent et d’azur jaillit d’une des tourelles du Lightening Storm et transperça la coque du destroyer brute qu’il avait prit pour cible. Le projectile n’eut aucun mal à déchirer la carapace chromée de l’appareil qui était sans défense sans ses boucliers. Mais le destroyer continua de déchainer son arsenal sur les boucliers très affaiblis du vaisseau élite.
-Le tir aurait dû les éliminer d’un seul coup, avoua Menahee.
-La manœuvre de dernière minute de ces brutes a faussé la précision de notre tourelle commandant, s’excusa un élite, nous avons manqué de peu le centre névralgique de leur vaisseau. Mais…
L’élite se tut quelques instants avant de s’user la vue sur des caractères qui défilaient sur son écran.
-Des phantoms sortent des hangars brutes, ils quittent leur vaisseau.
-A quoi sert de rester dans un cercueil lorsqu’il brûle ? lança Menahee à l’adresse de son subordonné. Anéantissez cette pitoyable carcasse avec quelques torpilles, cela devrait être suffisant pour le mettre hors d’état de nuire.
Aussitôt ses ordres donnés, le commandant Menahee se délivra de la présence de son second et entreprit de décrypter les données qui défilaient sur l’écran holographique devant lui.
-Boucliers du Lightening Storm à 4% de leurs capacités, prévint une voix alien.
Soudain, une lumière blanche aveugla tous les écrans de la salle de contrôle pendant quelques instants avant de s’éteindre presque aussitôt.
-Destroyer brute abattu, lança le second de Menahee.
Mais il en reste encore un…
Et le commandant sangheili voyait clairement que le dernier vaisseau brute prenait la fuite avec les quelques phantoms qui avaient pu quitter le destroyer abattu à l’instant. Tous fuyaient vers l’horizon ardent qu’offraient Grande Bonté et les navires de guerre de l’armada covenant. Une horrible sensation d’impuissance envahit le commandant élite, il ne pouvait pas se permettre de risquer les vies de son équipage en se lançant à la poursuite d’un ennemi qui se réfugierait aussitôt derrière les tirs de ses alliés. Il valait mieux attendre que les batteries de leurs boucliers se rechargent avant de lancer l’assaut sur Grande Bonté.
Menahee quitta des yeux le séraphin brute qui fermait la course des fuyards et passa une de ses longues griffes sur un symbole qui tapissait la surface de la console de contrôle et il attendit que la liaison vidéo avec le Pious Inquisitor soit établie pour entamer son rapport. La silhouette sombre du Grand Inquisiteur Avee s’afficha presque aussitôt sur son écran.
-Mes respects Inquisiteur, les brutes sont en pleine débâcle et fuient nos canons. Je reviens sur votre position et celle du Pious Inquisitor pour vous porter toute l’aide nécessaire aux réparations et laisser mes armes et mes boucliers refroidirent pour la prochaine escarmouche.
-Excellente nouvelle commandant, votre aide fut précieuse durant cette bataille, congratula Avee, une fois cette révolte matée, je ferais part de vos actes de bravoure au Haut Conseil, soyez-en assuré.
-C’est bien trop d’honneur mon Seigneur. Mais rien n’aurait été possible sans l’intervention de vos deux séraphins qui ont neutralisé les boucliers des vaisseaux brutes. Moi et mon équipage n’avons fait que leur porter le coup fatal.
Avee acquiesça docilement de la tête, il était devenu encore plus sombre tout à coup. A coté de lui apparut Icare qui laissa échapper de ses paumes dorées un écran de statistiques. Le sangheili la regarda d’un œil distrait, il ne comprenait rien de ces diagrammes aux colonnes jaunes qui dansaient sous ses yeux.
-Qu’est-ce ? demanda-t-il.
-Une bonne nouvelle. Les moteurs sont maintenant opérationnels capitaine Avee, les ingénieurs ont réparé avec succès les moteurs et les gouvernes du Pious. Nous pouvons enfin nous déplacer.
Avee fit claquer ses mandibules de plaisir.
-Parfait. Commandant Menahee, restez sur vos positions pour procéder à la restauration de vos boucliers. Quand à nous, nous partons pour Grande Bonté rattraper les fuyards et éradiquer les traîtres à notre Alliance. Rappelez nos séraphins.
Pendant un instant, Avee crut lire de la déception dans le regard du commandant Menahee, il ne participerait surement pas à l’escarmouche avec le Pious Inquisitor.
-Il sera fait selon votre volonté Grand Inquisiteur, je prierais les Dieux pour qu’ils vous accordent leur protection.
-Les forerunners veillent uniquement sur ceux qui leur prêtent foi commandant, n’ayez aucune crainte…
Ce furent les derniers mots qu’Avee accorda au commandant du Lightening Storm avant de couper la ligne et de tourner son visage balafré de cicatrices vers Icare.
-Où est-elle ?
Icare sentit un frisson lui parcourir l’échine, même si cette sensation n’était rien d’autre qu’un programme intégrée à son interface pour la rendre plus humaine, elle savait pertinemment que cela dénotait son inquiétude sur le sort de la sangheili.
-Je n’ai aucune nouvelle… je ne reçois aucun signal de son séraphin. Elle doit hors de portée de nos radars et trop d’interférences parcourent l’espace pour établir une possible liaison.
-Des « interférences » ? répéta Avee, elle serait donc là où ont lieu les combats, près de Grande Bonté ?
-Possible… elle peut très bien être en train d’engager le combat…
-Ou bien est-elle morte… termina Avee avec cynisme.
Mais ni l’un ni l’autre ne voulait croire à cette dernière hypothèse.
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-Major domo… hésita Méphith de sa voix artificiellement déformée sous son casque.
Le ronronnement des moteurs à plasma du séraphin avait cessé depuis un certain temps, les moteurs avaient été coupés ainsi que toute l’alimentation électrique interne du vaisseau, plongeant les deux élites dans la pénombre la plus totale. Même avec leurs yeux ultrasensibles, les deux sangheilis n’arrivaient presque pas à se discerner l’un l’autre alors qu’ils étaient si proches.
-Qu’y a-t’il ? lança Sephadee.
La guerrière était restée assise sur son siège de pilote, regardant du coin de l’œil ses instruments dont les lumières bleues dansaient sur le tableau de bord, éclairant par la même occasion les contours lisses et sans défauts du casque de la sangheili. Méphith semblait trépigner d’impatience derrière le siège de la femelle.
-Pensez-vous vraiment que ce soit une bonne idée de rester ici ? Lâcha-t-il pour seule réponse.
Sephadee se contenta de fixer son regard sur les points de couleurs vives qui dansaient derrière la vitre blindée du cockpit. Une véritable foule d’individus ne cessait d’aller et venir entre les vaisseaux de transports nouvellement arrimés dans le hangar, les rares brutes dont l’importante masse musculaire émergeait de ces vagues de corps en mouvements cherchaient à apporter un semblant de discipline parmi les grognards et les rapaces, seuls survivants du dernier destroyer brute abattu par le Lightening Storm.
Lorsque les phantoms avaient quitté la carcasse en flamme du navire brute, Sephadee et Méphith s’étaient mêlés à la vague de réfugiés et avaient pénétré le hangar du bâtiment brute qui fuyait vers Grande Bonté. Personne ne s’était étonné de voir un séraphin brute fermer la marche des phantoms fuyards et venir se réfugier à l’intérieur même du vaisseau.
Ils avaient infiltré le vaisseau ennemi qui fuyait le Pious Inquisitor qui aurait tôt fait de les rattraper, ils pouvaient très bien laisser la dernière bombe anti-matière qui encombrait la soute ici et fuir le hangar et l’explosion qui allait embraser l’immense nef, mais pourquoi restaient-ils ici ? C’est ce que Méphith devait se demander en ce même moment.
Si nous anéantissons tout de suite le destroyer, nous n’aurons pas suffisamment de carburant pour atteindre Grande Bonté ni pour faire face à une possible confrontation. Si ce vaisseau compte rejoindre notre capitale, il est plus judicieux de rester dans son ventre le temps du voyage pour ne pas gaspiller les ressources de notre séraphin…
-Ne t’inquiètes pas jeune Méphith, nous exterminerons ces singes dans quelques unités de temps, lorsque nous serons à portée de Grande Bonté, soit patient…
Sephadee avait levé les yeux vers une ombre qui tapissait le plafond du hangar.
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La masse sombre aux reflets violets d’un transporteur de troupe de classe phantom survola les masses éparpillées des réfugiés et vint se poser près d’une longue rampe en acier où attendaient un comité d’accueil composé de quelques brutes en armures bleu cyan, l’un d’entre eux se démarquait par sa tenue de combat aussi éclatante que le soleil qui éclairait le système Sol. Les bras croisés sur sa large poitrine, la brute arborait une large expression de supériorité due à son rang de commandant de ce navire.
Lorsque le phantom stabilisa sa lourde carcasse près de la rampe, le volet métallique gauche du transporteur se mit à descendre doucement tel un pont-levis. Tout d’abord, le commandant brute ne vit rien à l’intérieur du phantom, mais une silhouette sombre se démarqua progressivement et descendit la légère pente. Au son que produisait la masse cliquetante du nouvel arrivant, on aurait presque put le comparer à un char d’assaut, et en vérité, il en avait également l’aspect. Sa lourde armure aux teintes brunes protégeait l’intégralité de son corps et sa tête simiesque était surmontée par un large heaume très sophistiqué semblable à ceux des samouraïs du japon féodal alors que sa carrure était celle d’un sumo.
Lorsque le lourd combattant descendit du phantom, ce dernier s’ébranla légèrement et gagna un peu d’altitude, soulagé par ce poids en moins. La brute en armure dorée qui devait l’accueillir chercha à réprimer l’effroi qui le submergea lorsqu’il posa les yeux sur le lourd marteau anti-gravité qui reposait entre les omoplates du puissant mâle. Il posa un genou à terre et baissa la tête, aussitôt imité par ses gardes du corps aux armures azurées.
-Je suis heureux de vous accueillir sur mon modeste vaisseau chef de meute ! lança t-il d’une voix brutale.
Le sumo s’approcha doucement, chacun de ses pas résonnant de supériorité sur la surface métallique de la rampe. Comment ce monstre couvert de muscles pouvaient-il se mouvoir avec aisance dans cette lourde armure ? Le vieux mâle posa ses yeux porcins sur les formes agenouillées devant lui et laissa échapper une grimace qui traduisait toute la jouissance qu’il éprouvait devant ses misérables subordonnés.
-Ce n’est pas réciproque commandant, gronda le mastodonte, croyez-vous que je sois fier d’avoir dû quitter mon propre vaisseau et de rejoindre votre cohorte de fuyards ?!
Le commandant sembla rétrécir brutalement, ne sachant quoi répondre devant le ton méprisant de son supérieur.
-La meute ne tolère pas une telle faiblesse ! La fuite est la solution des faibles , pas celle des brutes ! Souvenez-vous en jusqu’à votre trépas commandant.
-Oui chef de meute ! acquiesça la brute en armure couleur de soleil, je ne l’oublierai pas !
Un sourire carnassier découvrit les dents pointues du puissant guerrier.
-Parfait… et pour être sûr que tu ne l’oublies pas…
Sa lourde main gantée de métal se saisit du manche de son énorme marteau pendant entre ses omoplates et avec une incroyable rapidité, la brute l’abattit sur le crâne du commandant agenouillé à ses pieds. Un fracas de tonnerre retentit dans l’espace clos du hangar, son écho rejaillissant sur les murs avec plus de force encore. Tous les covenants s’étaient immobilisés dans le hangar, comme si ce cri percutant avait arrêté le temps. Tous les yeux étaient levés vers la forme sombre et massive du puissant amiral brute, même les gardes du corps de l’ancien commandant étaient tombés sur le dos sous le puissant souffle magnétique du marteau. Mais ils avaient beau regarder l’emplacement où s’était trouvé leur commandant, il n’y avait qu’un mince filet de sang qui traçait des sillons sombres sur le métal.
Un bruit de métal retentit un peu plus loin : le corps du commandant avait volé à l’autre bout de la pièce, venant rebondir sur le mur opposé du hangar. Quelques kig-yars s’empressèrent de se jeter sur les restes sanguinolents de leur ancien supérieur, aussitôt repoussés à grands coups de crosse par les brutes qui cherchaient à protéger le cadavre des attaques cannibales de ces rapaces.
Du haut de la rampe, l’assassin se redressa de toute sa hauteur et souleva le lourd marteau sur son épaule. Il baissa les yeux sur le métal doré, dont la tôle froissée et couverte de sang et de cervelle, était les restes du casque (et du crâne) du commandant.
-Au moins, murmura-t’il pour lui-même, tu auras tenu ta promesse : jusqu’à ta mort tu auras eu le souvenir de mes mots…
D’un violent coup de pied, il fit dévaler la pente au misérable petit tas de métal couleur or qui ne cessait de suinter du sang à chaque roulé-boulé qu’il effectuait.
-Tu es relevé de tes fonctions ! rugit l’amiral brute avec un geste théâtral, un ton d’ironie tapissait le fond de sa voix et il se mit à rire devant les visages terrorisés de ses troupes.
Mais son regard s’attarda sur un vaisseau à la coque lisse qui se trouvait entreposé dans un coin du hangar, un séraphin qui portait les emblèmes tribaux de sa race. Un doute se mit à croître dans son esprit.
Ce hangar avait été vidé pour accueillir mes troupes… Et aucun séraphin n’a été affrété pour quitter mon destroyer…
D’un geste de la main, il fit signe à un de ses subordonnés pétrifiés de peur d’approcher.
-Faites venir deux spectres dans le hangar et ordonnez aux unggoys d’installer des tourelles shade…
-A… à vos ordres amiral Cratus, bafouilla la brute avant de fuir la présence de son supérieur et de faire passer les ordres de leur nouveau commandant.