Les brumes du passé, chapitre 4
Chapitre 4 :
Les deux sbires de Zabuza sortirent de l’eau, posèrent un genoux au sol et exécutèrent une courte révérence. Les deux ninjas se prénommaient Les frères démons, l’un portait une sorte de poncho noir cachant son corps, seuls sa tête, ses bras et ses pieds dépassaient de la toile de tissu. Il arborait le bandeau frontal de Kiri, un masque à gaz lui masquait le visage, seuls ses yeux étaient visibles. Son bras gauche était un énorme gant d’acier qui le reliait à son frère par une longue chaîne. Son jumeau portait exactement le même gant, mais à la main droite. Recouvert d’une tunique dans les tons camouflages vert kaki, lui aussi portait le même masque et le même bandeau que son frère.
-Nous sommes heureux de vous voir Zabuza-sama, dit le frère démon en poncho.
-J’espère que les préparatifs ont été terminés Ichi…Ni…
Comme les frères démons n’avaient jamais dévoilés leurs véritables noms, Zabuza distinguait les deux frères par le nombre de corne qu’ils arboraient sur leurs bandeaux. Celui en poncho noir portait une plaque triangulaire de métal au-dessus de son bandeau, c’est pourquoi Zabuza l’appelait Ichi ( UN en Japonais ). Son frère, lui, portait deux petites cornes de métal à chaque extrémité du bandeau, son nom était donc Ni ( DEUX en Japonais ).
Les deux frères ninjas se regardèrent, leurs yeux se plissèrent dans une sorte de sourire. Il se tournèrent vers Zabuza toujours de manière révérencieuse.
-Tout a été préparé pour votre arrivée seigneur... fit Ni.
-...le reste de notre groupe est resté là-bas pour vous accueillir et préparer un festin en votre honneur, continua Ichi.
Le masque de bandages de Zabuza se plissa, dévoilant un léger sourire.
-Très bien, partons immédiatement.
Les frères démons se relevèrent et intimèrent au ninja déserteur de les suivre. Ils se dirigèrent vers la mer qui les avaient craché et marchèrent sur les flots.
-Allons y Haku...
-...oui Zabuza-san...
Zabuza suivit les traces de ses deux subordonnés et marcha à son tour sur l’eau, suivit de Haku. Marchant d’un pas assuré sur les flots, les ninjas se dirigèrent vers l’archipel du pays des vagues.
-Combien de temps avant que nous arrivions à destination ? demanda Zabuza.
Les deux ninjas tournèrent la tête vers leur leader.
-Environ une heure pour la traversée de cette mer et une demi-heure sur la terre ferme, répondirent les frères démons synchrones.
Zabuza acquiesça de la tête.
-Tout le monde est installé ?
-Oui Zabuza-sama, répondit Ichi, vous ne serez pas déçu de vos appartements, ils sont comme vous l’avez exigé.
-Nous verrons quand nous serons arrivé, ironisa Zabuza.
Le ninja déserteur de Kiri joignit les mains et un nuage de fumée l’enveloppa. Il avait annulé le henge, c’était signe qu’il ne se sentait pas suivit.
-Votre apparence originelle vous va nettement mieux, flatta Ichi.
-Assurément, renchérit son frère.
Zabuza accepta les flatteries sans mot dire, seul un soupir avait passé ses lèvres.
Continuez vos flatteries pour obtenir mes faveurs...c'est pitoyable...
Le voyage était lent, trois quart d’heure plus tard, la côte ne semblait pas s’être rapprochée, elle semblait toujours aussi distante. Zabuza avait beau chercher quelle distance il restait, mais ses yeux refusaient de l’informer. Devant cette impuissance, il poussa un soupir, puis regarda autour de lui. De l’eau à perte de vue, un milieu interessant pour un utilisateur de Suiton. Zabuza ne pouvait s’empêcher de ressentir un certain calme et un sentiment de bien être.
Le shinobi posa ses yeux sur Haku, le jeune garçon tenait toujours entre ses bras ce lapin au pelage blanc, depuis combien de temps l’avait il gardé ? Haku sentit le regard du shinobi peser sur lui, il tourna à son tour les yeux vers Zabuza.
-Qui a t’il Zabuza-san ?
Le silence de Zabuza pesait sur les épaules de Haku.
-Rien... Tu me rappelles quelqu’un...
Le regard de Haku exprimait un certain étonnement, puis ses yeux s’emplir de curiosité. Sa bouche s’entrouvrit pour poser sa question.
-Je vous rappelle quelqu’un ? Qui dont...
Le regard de Zabuza se fit plus intense, mais rapidement il sembla perdu dans ses pensées.
Les souvenirs affluaient à une vitesse affolante, Zabuza se voyait étant enfant. Il se trouvait au milieu d’une forêt, une sorte de petite clairière avec une cabane en bois non loin de là. Au centre de cet espace, un poteau d’entraînement dont le bois avait été martyrisé par nombre de coups. Le jeune Zabuza se tenait devant ce piquet, les poings en sang. Le regard déterminé, il fixait le pilier de bois dont l’écorce était imprégnée de son hémoglobine.
Demain...c’est l’examen...il faut que je m’entraîne plus...demain je leur montrerai mon talent...
Un pas feutré se glissait dans son dos, il voulut se retourner, mais une main se posa sur le sommet de son crâne, lui ébouriffant sa tignasse.
-Alors, tu continues à t’entraîner ? Tu devrais te reposer, c’est demain l’examen.
Zabuza garda le silence. Il entendit la personne qui lui parlait s’agenouiller et passer le bras autour de ses épaules.
-Surtout fais bien attention à toi...
Zabuza sentait les tremblements légers de son interlocuteur. Sa petite voix vint réconforter ces spasmes.
-Oui sensei...
L’étreinte de son sensei se fit plus forte, les tremblements s’étaient calmés, Zabuza sentit un visage qui se pressait contre sa tête. Une longue mèche de cheveux noir passa sur son épaule. Froid et distant, il tourna les yeux. Il ne vit ni larmes, ni gémissements, seulement un sourire confiant.
-...si ce n’est pas trop déplacé...Zabuza-san ?
Zabuza fut tiré de ses songes, ses yeux revinrent sur le visage de Haku qui demandait une réponse.
-En effet, c’est bien trop déplacé pour que j’y réponde.
La réponse de Zabuza avait été sarcastique, mais le sourire qu’il affichait faisait naître en Haku une même joie et un même sourire.
Je te répondrai peut être un jour...
