Les brumes du passé, chapitre 31
Chapitre 31 :
Haku ne pouvait pas le croire, il avait l’impression d’être dans un de ses cauchemars.
Haku voulut répliquer, mais Suigetsu avait refermé sa prise sur la mâchoire du jeune homme, l’empêchant de parler.
-Sa faisait longtemps que je rêvais de cette situation, siffla Suigetsu jubilant.
Haku allait bouger son bras pour frapper son rival, mais celui-ci fut bien plus rapide et un éclat de vif argent s’abattit sur le bras d’Haku. Ce dernier sentit son bras plaqué contre le mur, il vit avec horreur que Suigetsu avait usé du fendoir de Zabuza. Son bras avait disparut sous le tranchant de la lourde lame.
Haku avait eu peur de perdre son bras, mais il fut soulager de sentir ses phalanges bouger. Suigetsu avait seulement usé de la cavité en demi-lune du fendoir. La seule partie du tranchant de la lame qui n’était pas aiguisée.
Mais le protégé de Zabuza se servit de son dernier bras libre pour décrocher une droite, mais de nouveau, Suigetsu bloqua le coup de sa main libre et plaqua le bras d’Haku contre le mur.
-Maintenant, c’est fini de jouer…
Aussitôt, la main qui bâillonnait Haku se mit à reluire sous la lune pour devenir translucide et un torrent froid s’insinua dans la gorge d’Haku. Ce-dernier sentit sa gorge se serrer sous la pression du liquide qui coulait de force dans sa gorge, l’obligeant à avaler sans même le laisser respirer. Suigetsu regardait avec délice les yeux d’Haku se teinter par la panique. Il avait beau essayer de gigoter pour se défaire de l’étreinte du garçon, la prise de Suigetsu était ferme et l’eau qui s’insinuait dans sa gorge ne cessait de lui voler son précieux air.
-J’aurais bien voulu laisser ma signature sur ton corps démembré, persifla Suigetsu, mais je manque de temps pour cela, maître Orochimaru m’attend. Je crois qu’une mort par noyade sera suffisante.
Suigetsu émit un petit rire.
Les poumons d’Haku n’avaient plus d’air, le jeune homme sentait que son cerveau fonctionnait au ralenti à cause du manque d’air, il n’allait pas tarder à tomber dans le sommeil, un sommeil éternel.
Je ne dois pas…
Des tâches sombres emplirent la vue d’Haku.
Je ne…
L’eau s’infiltrait dans ses poumons.
Je…
Son cœur ralentissait et son cerveau commençait à s’éteindre progressivement.
…
Et tout sembla disparaître. Chaque sens d’Haku disparaissait progressivement l’un après l’autre. D’abord l’ouïe, ses oreilles étaient comme immergées sous l’eau, il n’entendait presque plus rien, le bruit n’était plus qu’un lointain son estompé et quasiment imperceptible. Ce fut le tour de la vue, mais ce ne fut pas l’obscurité qui avait clos ses paupières, mais une lumière vive et éclatante qui tapissait ses paupières. Puis l’odorat. L’air ne voulait plus franchir ses narines, aucune odeur ne l’atteignait désormais. Le toucher s’envola à sa suite, Haku ne sentait plus son corps, comme s’il s’était extirpé de son enveloppe charnelle, dépourvue des mille et une sensations qui le traversaient. Il se sentait si léger…Jamais il n’avait éprouvé un tel sentiment d’évasion. Mais son dernier sens ne souhaitait pas le quitter, Haku avait toujours le goût amer de l’eau qui traversait sa gorge.
Désormais, il était loin du monde, loin de toutes sensations et de toutes douleurs. Plus rien ne l’attachait à la réalité et son esprit vagabondait dans les limbes. Mais dans cet espace de lumière, Haku se surprenait à flotter dans cette étendue éclatante, il se voyait en face de lui comme dans un miroir. Tout en lui se déroulait au ralenti et il eut l’étrange surprise de ne rien sentir de ce qui l’entourait. Il chercha à bouger son bras gauche, mais rien. Il chercha à bouger son bras droit, mais toujours rien. Il ne contrôlait plus rien, il était comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, mais il ne pouvait que se contempler immobile.
Qu’est-ce que je fais là ? …Suis-je… mort ?
Mais le silence serein de ce monde fut la seule réponse à l’écho de son esprit.
Pourquoi suis-je ici ? Est-ce qu’il m’a tué ?
Haku aurait pu croire à cette hypothèse, mais sa gorge continuait de le faire souffrir. L’eau continuait à couler comme un torrent furieux, sa gorge le brûlait, ses poumons… Il n’était pas complètement parti. Pas encore…
-Que fais-tu là ?
Haku avait levé les yeux vers son reflet. Il exprimait la même moue lascive que lui en ce moment. Mais qui pouvait lui parler à part cet autre lui ? Devenait-il fou aux portes de la mort ?
-Tu ne devrais pas être ici, non ? Demanda de nouveau la voix.
-Ah bon ? Répondit Haku, c’est bien là que l’on va lorsque l’on est mort, non ?
-Oui c’est ici, mais tu n’es pas mort…pas encore…
-Alors attendons…ça arrivera vite…
Un silence gênant s’installa.
-Non…ta place n’est pas encore ici…tu le sais très bien, tu ne dois pas…
Haku avait scruté son propre visage. Sa propre voix résonnait dans son esprit devenant un grondement, un hurlement qui se répercutait, ravivant les cendres d’un feu endormit.
-Je ne dois pas… reprit-il.
Sans qu’il le veuille vraiment, une de ses mains commença par bouger, ses doigts prirent différentes postures, exécutant des signes si familier.
Il est temps d’y aller…
Soudain, le paysage autour de lui se brisa comme une vitre. Haku revint tout à coup au bout du bras de Suigetsu, reprenant sa place initiale. Rien ne semblait avoir changer, si ce n’est l’émanation glaciale qui s’échappait d’Haku.
Il plongea son regard tranchant comme la glace dans celui de Suigetsu. Ce-dernier vit son sourire perdre son éclat. Ses yeux glissèrent sur la main qui tenait le bras d’Haku. Il parut horrifié en voyant des stalagmites de glace recouvrir son bras. Il n’eut pas le temps de pousser un juron que le poing d’Haku s’écrasa sur son faciès de requin. Sous le choc, le visage de Suigetsu explosa dans des gerbes d’eau. Le jeune homme tomba à la renverse, son visage n’était plus qu’une flaque translucide difforme et sans visage.
Haku fut libéré de l’étreinte de son rival et toucha le sol, cassé en deux, toussant à s’en arracher les poumons. Son visage couvert de sueur était enfoui sous ses longs cheveux qui persistaient à se coller sur son front. Haku évacuait tant bien que mal le liquide qu’on lui avait forcé à avaler, tout en cherchant l’air qui lui avait tant manqué.
Suigetsu s’était relevé, son visage avait repris ses traits habituels et ses yeux reflétaient une haine mêlée de peur.
-Enfoiré, comment as-tu pu !?
-Je ne dois pas…mourir…
Suigetsu s’était figé. Haku avait calmé sa respiration. Il fixait son rival d’un regard froid et dépourvu de sentiment. Un regard de fou avait pensé Suigetsu.
-Je ne peux pas me permettre de mourir et surtout pas maintenant.
Suigetsu se garda de dire un seul mot lorsqu’il ressentit la sombre énergie qui se dégageait d’Haku. Des vagues de chakra négatif emplissaient l’air autour d’eux, écrasant Suigetsu sous la tension croissante. Il se sentait comme une petite souris prête à se faire gober par un chat.
D’un geste violent, Haku retira son bras prisonnier de la lame. L’arme encastrée dans le mur tomba sur le sol dans un tintement lourd et métallique.
-Tu as raison… concéda Haku, fini de jouer…
Sans prévenir, il se jeta sur Suigetsu.