Les brumes du passé, chapitre 5
Chapitre 5 :
Le voyage avait été long, la distance qui séparait le royaume de Kiri du pays des Vagues était bien plus grande qu’ils ne l’avaient pensé. Le temps s’était assombri et les vagues commençaient à se faire plus forte. Les quatre shinobis cherchaient à éviter le puissant reflux des vagues, mais le temps était propice à la tempête.
Des nuages noirs s’étaient formés, la friction entre l’air froid et l’air chaud provoquèrent les premiers éclairs, un vent puissant s’était abattu sur eux. Les vagues atteignaient plus d’un mètre de haut. Haku, Zabuza et les Frères démons étaient obligés de sauter par-dessus et d’accélérer le pas afin de ne pas être pris dans la tempête.
La pluie vint au rendez-vous. Très vite, ils furent trempés par cette eau tombée du ciel, mais cette averse alimentait encore plus la rage des vagues.
-On est bientôt arrivé ? vociféra Zabuza cherchant à surmonter les cris déchirants du tonnerre.
-Plus qu’une centaine de mètres avant d’arriver sur la terre ferme, répondit Ichi.
-Alors accélérons le pas, je ne veux pas m’éterniser dans tout ce chaos.
Ses trois subordonnés hochèrent de la tête et allongèrent leurs foulées. Malgrès leur vitesse, le vent et la pluie leur arrivaient en plein visage et les gelaient littéralement. Leurs mouvements engourdis par le froid se firent plus lent, tout semblait s’éterniser. Ils furent heureux d’atteindre la plage et passer sous les arbres de la forêt toute proche.
Bien que ce soit une forêt, les arbres avaient les racines immergées dans l’eau et étaient très distants les uns des autres, ce qui n’offrait pas un couvert contre la pluie. Les shinobis seraient contraints au froid pendant quelques minutes encore.
Mais ils étaient trempés jusqu’aux os. Haku, bien qu’habitué au froid, ne sentait plus le bout de ses doigts. Ses vêtements trempés lui collaient à la peau et l’animal qu’il tenait entre ses bras grelottait lui aussi. Le jeune garçon glissa ses doigts dans la fourrure du petit animal, la douce chaleur pénétra ses doigts et le réchauffa quelque peu.
Plus ils s’avançaient, plus les arbres étaient noueux et la forêt dense. Et moins la pluie venait les mordre de ses aiguilles glacées. Mais l’ombre se faisait de plus en plus présente ainsi que les racines enchevêtrées entre elles qui offraient de vrais obstacles. Maintenant, la cime des arbres atteignaient des hauteurs impressionnantes. Buissons, fourrés, hautes herbes, tout semblaient vouloir les ralentir. Ils traversèrent des marécages reniflant la décomposition, aux hauts roseaux et aux algues verdâtres.
Mais à peine cette zone traversée que les arbres venaient de s’écarter brusquement. Une large clairière sous un couvert de hautes branches abritait une structure étrange. Au centre même de cette clairière se trouvait un tronc millénaire autour duquel avait été construit une habitation conique. De longues cordes supportaient le poids de la masure sur d’autres arbres. Par-ci par-là, de large ouvertures semblaient de larges orbites à cette demeure silencieuse.
Une passerelle permettait d’accéder à cette maison dans les arbres. C’est là qu’attendait leur comité d’accueil. Au nombre de quatre, les hommes de main s’étaient agenouillés lorsque Zabuza arriva devant eux.
Haku remarqua que l’un d’entre eux se démarquait des autres. Tandis que trois de ces hommes étaient de taille adulte, le quatrième avait la taille d’un adolescent de quinze ans. Mais il était tête baissé et on ne voyait pas ses trait. Les épaules voûtées, pantalon de toile beige et t-shirt sans manche noire, ses bras nus semblaient chétifs, mais Haku avait appris auprès de Zabuza qu’il ne fallait jamais se fier à l’apparence de quelqu’un.
-Nous vous souhaitons la bienvenue Zabuza-sama...firent en cœur les quatre hommes.
Zabuza s’arrêta devant eux et leur adressa un signe de la main. Ils se relevèrent. Haku put enfin voir les traits du jeune garçon. Ses cheveux blonds lui arrivaient jusqu’aux épaules, des yeux de requin et un sourire immuable meublaient sa face blanche.
-Comment ce sont déroulés les travaux ? demanda Zabuza au plus jeune.
Le blondinet dirigea son regard sur Zabuza et son visage fut fendu d’un sourire encore plus long. Une canine émergea de ses lèvres.
-Tout s’est bien déroulé, nous avons fini dans les temps Zabuza-sama, répondit le blondinet.
Malgré ce sourire, Haku savait qu’il ne fallait pas y trouver une once de bon sentiment. Ce garçon avait été le premier disciple de Zabuza, mais Haku avait prit sa place lorsque le shinobi déserteur l’avait trouvé.
-Parfait Suigetsu... félicita Zabuza.
Le blondinet effectua une courte référence et lança un regard narquois à Haku. Son sourire ineffaçable devenait aux yeux de Haku un sourire de triomphe.
Depuis qu’il l’avait remplacé, Suigetsu nourrissait une rancœur envers Haku. Zabuza ne s’occupait plus que de son nouveau petit protégé, Suigetsu n’était plus qu’une relique oubliée, un simple homme de main.
-Si vous voulez bien me suivre Zabuza-sama...
Suigetsu lui tourna le dos et engagea la marche. Il grimpa la passerelle, suivit de Zabuza, Haku et le reste du groupe. Ils pénétrèrent dans la maison et grimpèrent deux étages. Ils arrivèrent dans un long couloir, deux hommes auraient pu le traverser de front. Suigetsu fit quelques pas et s’arrêta brusquement devant une première porte. Il tendit la main vers la poignée et ouvrit la porte.
Une large pièce de cinq mètres de long sur trois de large s’étalait sous leurs yeux. Sur les murs s’étalaient de nombreuses armes, allant du shuriken au katana. Au centre même de la pièce se trouvait une sorte de petite table en bois où reposaient deux paires de griffes du même bois. Il servait de présentoir pour katana, mais aucune arme n’était posé dessus.
-C’est ici que nous avons entreposé vos armes, vous pourrez y ranger votre lourd fendoir, conseilla Suigetsu.
Zabuza entra dans la pièce et regarda autour de lui. Il semblait satisfait. D’une main sûre, il agrippa la poignée de son épée et la souleva. Il la posa sur le petit meuble au centre de la pièce.
Haku avait remarqué le regard avide de Suigetsu, il regardait avec une envie non dissimulée la lourde épée sacrée de Zabuza. Il était en admiration. Haku se doutait qu’il rêvait de posséder une telle épée.
-Je vais vous montrer votre chambre, proposa Suigetsu.
Zabuza rebroussa chemin et laissa sa lame derrière lui. La porte se referma et Suigetsu les mena vers une seconde porte, quatre mètres plus loin. Le jeune garçon ouvrit cette nouvelle porte. Ils pénétrèrent dans une immense salle circulaire, un large lit de deux personnes se tenait dos à un mur cerné de chaque côté par deux baies vitrées.
-Bien qu’elle soit sobre, nous avons respecter vos exigences, fit Suigetsu tendu.
Suigetsu attendait la réaction de Zabuza avec une certaine crainte. Le shinobi déserteur entra dans ses nouveaux appartements et regarda autour de lui.
-Elle est bien vide...
Le cœur de Suigetsu sembla se figer, la sueur perla sur son front.
-...mais j'apprécie...
Zabuza posa son sac de voyage au pied du lit et regarda à travers la baie vitrée. Le temps ne semblait pas s’être amélioré, les lourds nuages lâchaient leur crachin sur les vitres. Zabuza se tira de la contemplation du paysage et se tourna vers Suigetsu.
-J’espère que la chambre de Haku est à l’emplacement où j’avais demandé…
Suigetsu ravala sa salive, reprenant son calme. Son sourire sembla tarir et son regard vira sur Haku, puis revint sur Zabuza.
-Oui, je vais accompagner Haku à sa chambre, répondit Suigetsu morose.
Zabuza acquiesça d’un signe de tête et Suigetsu ferma la porte, laissant Zabuza seul. Il se tourna vers Haku, silencieux.
-La suite de madame est avancée, fit sarcastiquement Suigetsu.
Haku ne se laissa pas toucher par le commentaire du jeune homme. S'aurait été lui donner trop d’importance.
Suigetsu continua de suivre le couloir et s’arrêta quatre mètres plus loin. Une troisième et dernière porte s’ouvrit. La pièce n’était pas plus grande que la salle d’arme que Suigetsu leur avait montré plus tôt. A la différence qu’un lit à une place se tenait sur le coin supérieur gauche de la pièce, une petite table de chevet et juste à côté une chaise. Deux fenêtres occupaient le mur en face de la porte. Au dessus de ces fenêtres se trouvait un panneau de bois gravé des maximes suivantes :
« Union du corps et de l’esprit. »
Suigetsu ferma la porte à peine Haku eut il pénétré à l’intérieur. Le jeune garçon attendit que le pas de Suigetsu disparaisse dans les escaliers avant de poser l’animal sur le lit. Le lapin remua des moustaches et regarda autour de lui, s’imprégnant de ce nouvel espace de vie. L’animal sauta à bas du lit et se dirigea vers un des murs.
Haku posa son sac et rejoignit l’animal. Le mur en question n’en était pas un, mais un placard coulissant. Haku fit glisser la porte de la penderie et vit qu’elle était vide. Le lapin à la fourrure blanche s’engouffra dans l’armoire et se nicha dans un coin, roulé en boule.
Haku ne put s’empêcher de réprimer un sourire, il ferma la porte en la laissant entrebâillée, puis se dirigea vers son lit. Il posa son sac et s’allongea, écoutant le tambourinement de la pluie sur la vitre.