Les brumes du passé, chapitre 21

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Chapitre 21 :

 

             Le reste du chemin se fit long et plus silencieux que jamais. Depuis l’intercade entre Haku et Suigetsu, les membres du groupe n’osaient plus se parler. Ça devenait agaçant, mais que dire ? La gène nouait les gorges.

             Au bout de vingt bonnes minutes de marche, les trois ninjas de Kiri arrivèrent enfin devant le bâtiment, siège de la Gâto company. Les mêmes procédures de sécurité s’éxécutèrent, Zabuza laissa sa lame aux soins de ses élèves.

             -Restez près de cette lame, ordonna le déserteur avant d’emboiter le pas à ses guides.

             Les deux ninjas regardèrent partir leur maître, ils étaient seul de nouveau. Suigetsu n’attendit pas une minute pour s’éloigner d’Haku et s’asseoir à quelques pas. Il respectait son serment malgré l’absence de Zabuza. Haku resta près de la lame comme un chien de garde, mais sa fidélité commandait ses actes.

             Brisant le silence pesant, un éclat de voix jaillit au-dessus de leurs têtes. Haku et Suigetsu levèrent les yeux aussitôt, remarquant que la plus haute fenêtre de l’immeuble était ouverte. Les deux ninjas se regardèrent, piqués par la curiosité, ils advinrent à un commun accord d’un seul regard. Suigetsu empoigna le lourd fendoir de Zabuza et le souleva avec peine. Il logea tant bien que mal cette lame entre ses omoplates et chercha à la maintenir dans son dos. Zabuza avait dit de rester auprès de son épée, en l’emmenant avec eux ils respectaient leur serment.

             Haku et Suigetsu s’approchèrent du mur de l’immeuble et appliquèrent leur chakra sur la surface. Ils grimpèrent à la verticale du gratte-ciel, bien que Suigetsu était vouté par le poids de la lame, on aurait dit une araignée qui rampait le long du mur. Ils grimpèrent en silence le long de l’immeuble avec l’agilité de deux chats et la furtivité d’une ombre.

             Après une longue ascension, les éclats de voix se firent plus forts et plus proches.

             -Comment ça ! hurla une voix.

             Les deux ninjas passèrent de chaque côté de la fenêtre grande ouverte et passèrent un œil discret. De leur point de vue, ils ne virent qu’un grand fauteuil qui leur tournait le dos, un grand bureau et enfin Zabuza qui se tenait debout face à l’homme enfoncé dans le fauteuil.

             -Je vous avez dit de me ramener leurs têtes ! vociféra l’homme dans le fauteuil.

             Zabuza n’était nullement impressionné par l’homme en face de lui et il le montrait clairement par son ton neutre.

             -Malheureusement, leurs corps étaient trop abimés pour pouvoir ramener quoi que ce soit, mentit Zabuza.

             -Et vous me rapportez que ma scierie a été rasée par dessus le marché ! renchérit Gâto, et maintenant vous réclamez votre récompense !?

             -J’ai fait mon travail, j’ai éliminé les personnes qui menaçaient votre « scierie », répondit Zabuza en appuyant sur  le dernier mot prononcé.

             Le silence de Gâto fut lourd de réponse, Haku et Suigetsu auraient donné n’importe quoi pour être à la place de Zabuza et voir l’expression de Gâto à ce moment là. Mais comme un coup de tonnerre, le poing de l’homme d’affaire alla s’écraser sur la surface de son bureau.

             -Je refuse de vous payer ! Vous m’avez fait perdre plus d’argent que si vous n’aviez rien fait !

             Zabuza se rembrunit.

             -Vous préférez que j’aille faire savoir ce que vous faite dans ces usines…

             Gâto se releva brusquement de son siège et toisa le déserteur de sa petite taille.

             -Et vous…vous voulez que j’aille leur dire qu’un déserteur hautement recherché est ici, au pays des vagues, je suis sûre que vous ne voulez pas que l’on vous retrouve, donc vous accepterez mes conditions.

             Haku et Suigetsu ne virent pas le sourire triompheur de Gâto, mais Zabuza était loin de ses peines. Il s’approcha de quelques pas et posa ses deux mains sur le bureau.

             -Vous savez aussi que je peux vous éliminer sur le champ…prévint le déserteur.

             Un frisson avait parcouru le corps de Gâto et sortit de l’ombre cinq gardes du corps la main sous leur complet, prêt à sortir une arme. Mais Zabuza ne se ressentait pas en danger pour autant. Si Gâto n’avait pas réussi à éliminer les trois ninjas qui l’ennuyaient, il n’arriverait pas à éliminer celui qui les avait tué.

             Gâto sembla retrouver son calme et se rassit dans son fauteuil. Il ouvrit un tiroir dans son bureau et en extirpa une liasse de billet. Il les compta sous le nez de Zabuza et n’en donna que la moitié.

             -2000 ryos, c’est tout ce que vous aurez.

             Zabuza ramassa l’argent sur le bureau et le fourra dans sa poche. Il tourna le dos à Gâto et se dirigea vers la sortie encadré par les gardes du corps de Gâto. Ce-dernier rangea l’autre moité de la liasse dans son tiroir et sortit à la suite de ses hommes, laissant le bureau vide.

Haku et Suigetsu allaient s’appréter à descendre, mais le garçon aux airs de requin sauta dans la pièce.

             -Qu’est-ce que tu fais, reviens, vite ! supplia Haku le plus silencieusement possible.

             Suigetsu fut aussi attentif qu’un sourd, il se dirigea vers le bureau de Gâto et ouvrit un tiroir pour en sortir la liasse de billets refusée à Zabuza. Sui getsu la rangea sous sa tunique et repartit d’où il était entré.

             Les deux ninjas relâchèrent leur chakra et glissèrent le long du mur comme des soldats en rappel. A trois mètres du sol, ils sautèrent et attérirent à l’endroit où ils auraient du attendre Zabuza. Suigetsu planta la lame dans le sol et comme si de rien n’était, les disciples virent leur maître venir à eux toujours encadré par la garde personnelle de Gâto.

             Le ninja déserteur adressa un court signe de tête à ses deux compagnons et tira la lame du sol. Il arrêta son regard sur le sol. Une deuxième entaille faite par sa lame était inscrite dans le sol, quelqu’un avait touché à son fendoir. Le ninja ne révéla pas ce détail et marcha en direction de sa planque, suivit par ses deux disciples.

             Soudain, un vacarme lointain se fit entendre. Zabuza s’était figé, ce bruit lui disait quelque chose. Le déserteur accéléra le pas.

 

             A quelques kilomètres de là, une immense vague s’était abattu sur l’un des petits archipels qui bordaient le pays des vagues. L’énorme tsunami s’était abattu sur la petite île, l’engloutissant littérallement sous l’eau, puis l’ilot émergea des flots, balayé de toute vie animale et végétale, ce n’était plus qu’un morceau de roche. Mais deux silhouettes étaient visibles au centre de cette île, derniers survivants du cataclysme. Les deux hommes dans les habits noirs décorés de nuages rouges étaient immobiles, regardant au loin.

             Le plus petit fut le premier à parler.

             -Tu n’aurais pas put faire une entrée plus fracassante, j’espère que personne ne nous a remarqué…fit l’homme de sa voix trainante.

             -T’inquiètes, rassura Kisame.

             -Allez, dépéchons nous avant que la nuit ne soit tombé.

             Kisame hocha la tête et prit la tête de l’expédition, il était surement le seul à savoir où ils devaient aller et avoir les rênes de son équipe lui plaisait. Ils traversèrent l’étendue d’eau qui les séparait de l’archipel voisine, le but de leur voyage.

             -J’espère que ce n’est plus très loin, se plaignit le ninja.

             -Décidement, ils n’auraient pas dût nous mettre dans la même équipe, soupira Kisame, heureusement que ce n’est que temporaire…

             -C’est réciproque, dit le ninja du tac au tac, Sasori-kun était bien plus interessant que toi.

             Kisame se retourna pour voir un sourire sur le visage de son compagnon.

             Je déteste ce type…

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