Les brumes du passé, Chapitre 25
Chapitre 25 :
Durant la première journée de l’ultimatum, Zabuza n’avait pas dit un mot et ce depuis que son ancien camarade était parti. Il n’avait rien dit à Haku à propos de l’entretien et le jeune homme n’osait parler de la proposition que lui avait faite Kisame, ç’aurait informé Zabuza sur le fait qu’Haku les avait espionné et le garçon au masque ne voulait surtout pas mettre en colère son tuteur, surtout pas en ce moment.
Les autres ninjas au service de Zabuza avaient été libéré et reprennaient cours à la vie quotidienne. Les deux frères démons étaient parti en mission, à leur tour de rapporter de l’argent se disait Haku, et il ne restait plus dans la maison que les quelques serviteurs qui assuraient l’entretien et les repas. Mêmes à ces heures là, Haku n’entendait pas Zabuza dire un mot, il était plongé dans son assiette comme dans ses pensées. Ce qui inquiétait de plus en plus Haku.
Que va-t-il choisir ? Rester ici ou partir rejoindre l’Akatsuki ?
Cette question qui tournait dans sa tête sans arrêt ne cessait pas de l’angoisser. Qu’arrivera-t-il lorsque Zabuza quittera la demeure ? Les ninjas qui s’étaient rassemblé autour de Zabuza partiraient de leur côté, la planque serait abandonnée et Haku se retrouverait à nouveau seul, érrant sans but.
Depuis que Zabuza l’avait recueillit, Haku savait que son destin était étroitement lié à celui du déserteur et il n’avait jamais envisagé que Zabuza le quitte avant qu’il ne meurt en le protégeant. Sa vie c’était Zabuza, son unique but était de le servir, son seul rêve était de voir s’accomplir ceux de son maître. Sans lui, Haku n’était rien. Le jeune garçon se sentait si misérable et si fragile qu’il n’osait plus regarder son sensei en face, ni personne d’autre d’ailleurs et la tristesse se lisait sur son visage, bien qu’il essayait de la dissimuler.
Mais à son grand étonnement, il n’y avait pas que les Frères Démons qui manquaient à l’appel, Suigetsu avait lui aussi disparu. Même aux heures des repas, il ne montrait aucun signe de sa présence, il avait tout bonnement disparu dans la nature.
Après manger, Haku se réfugiait dans sa chambre. Zabuza n’assurait plus son entrainement et jamais personne d’autre que lui ne lui adressait la parole, pas même les serviteurs. A ne rien faire, autant sortir se changer les idées dehors, mais malheureusement pour Haku, une pluie battante contrariait ses projets ; même les élèments s’acharnaient contre lui.
Assis à même le sol de sa chambre et adossé à son lit, Haku regardait à travers la fenêtre les gros nuages qui surplombaient la batisse de leur masse sombre. Devant sa lassitude, son animal de compagnie s’était réfugié dans ses bras essayant de lui remonter le moral de sa seule présence.
Le lapin au pelage immaculé rappelait à Haku le pays de son enfance, immensités enneigées, sapins aux odeurs fraîches et parfumées, montagnes aux sommets plongés dans les nuages. La petite maison en rondin de sa famille, les visages heureux et sereins de ses deux parents. Même la première fois où il avait découvert son don héréditaire lui revint en mémoire, puis la gifle monumentale qu’il avait reçu en le montrant à sa mère. Et le drame… Au fond de lui, Haku se disait que c’était de sa faute tout ce qui lui était arrivé, à peine avait-il développé sa capacité que toute sa vie avait basculé, il avait tout perdu en quelques instants.
Haku allongea sa nuque sur le rebord de son lit, ses yeux fixaient le plafond.
-Le passé reste inscrit, mais le futur se défile…murmura-t-il à lui même.
Le futur…
A ce mot, une douce mélodie semblait l’accompagner, mélodie qui remuait chaque fibre de son cerveau. Des idées, des hypothèses fusèrent de son esprit. Le futur était incertain, oui, mais il pouvait le clarifier. Ses pensées se tournèrent vers sa dernière parente disparue, Satsui avait la réponse, il suffisait à Haku de la découvrir à son tour.
Le jeune homme eut un pincement au cœur en repensant à sa tante défunte, il s’aperçut qu’elle lui manquait presque autant que ses propres parents. Il aurait tant aimer lui parler, la voir une dernière fois, mais il savait tout cela impossible. Haku resterait le dernier de sa famille, être le dernier de quelque chose… jamais ce fardeau ne l’avait tant fait souffrir jusqu’à maintenant.
Mais malgré cette douleur qui persistait dans sa poitrine, il devait remuer ses souvenirs, se rappeler des derniers instants de Satsui pour découvrir son secret, découvrir ce pouvoir ancestral qui coulait dans ses propres veines.
Il faut que je trouve les bons signes…qu’a t’elle fait avant de me montrer cette vision du futur ?
Haku fouillait dans ses pensées, cherchant le moindre indice dans ses souvenirs. Une main lui apparue, celle de Satsui, que composait-elle ? Elle exécutait des signes, mais d’une seule main. Haku se rappela que la jeune femme était capable d’utiliser le Ninjutsu en employant une seule de ses main. Bien qu’il ne voyait qu’une moitié de symbole à chacun de ces signes,il était simple de les reconnaître. Ce qui tracassait le garçon, c’était que ces mêmes symboles étaient ceux pour invoquer sa technique des miroirs.
C’est impossible, j’ai du râter quelque chose, ou je me mélange avec d’autres souvenirs…
Décidemment, son esprit lui jouait des tours et ses souvenirs n’étaient plus très frais dans sa mémoire. Haku maudit son ignorance et frappa le sol de rage. Son animal bondit, terrorisé par l’accés de colère de son jeune maître et alla se réfugier dans l’armoire.
Haku se redressa contre son lit, ruminant ses pensées. Il s’approcha de sa fenêtre et regarda l’eau qui s’accumulait au rebord. Il se prit dans la contemplation d’une petite flaque d’eau qui se tapissait dans un coin de sa fenêtre. Cette flaque était à l’abris des intempéries, mais la gouttière au-dessus de la fenêtre voyait son joint mal fixé, et par intermitence régulière, une goutelette venait y perler et s’écraser dans cette oasis miniature. La mare liliputienne s’agrandit d’un millimètre de diamètre, puis une seconde goutte vint abreuver l’étang, puis une troisième, etc…de telle sorte que la flaque avait changé d’apparence, prenant la forme d’un C. Mais dans cette contemplation inutile, Haku se rendit compte d’une chose : à chaque goutte qui s’ajoutait, la flaque changeait de forme. En était-il de même pour sa technique ? Est-ce qu’à chaque utilisation, la nature du miroir changeait ?
Haku s’accrocha à ce mince espoir qui semblait plus qu’improbable. Le jeune homme glissa jusqu’au centre de sa chambre et s’assit en tailleur. Avec tout le calme dont il était forgé, il exécuta sa technique et composant chaque signe de ses deux mains jointes. Un miroir de glace se forma en face de lui reflétant sa propre image.
Haku recommença sa série de signe en retenant son souffle. Dés le dernier signe composé, il espéra de toute ses forces que le miracle se produise, mais un second miroir était apparu juste à côté du premier. Mais il ne se découragea pas pour autant. Il refit les signes une troisième fois, puis une quatrième, jusqu’à ce qu’il soit entouré d’une dizaine de miroir qui flottait autour de lui. Malgré la vive fraicheur que dégageaient les miroirs, Haku se sentait comme dans un cocon protecteur, il était resté immobile, scrutant ses reflets dans chacun des miroirs. Il voyait le même garçon aux cheveux mi-longs, au visage fin et androgyne, les mêmes yeux, le même nez, les mêmes lèvres, les mêmes vêtements. Rien qui ne ressemble au futur.
Il releva ses jambes et posa sa tête sur ses genoux, enroulant ses bras autour de ses jambes. Qu’avait-il ommis de faire ? Quelque chose manquait ?
Ou était-ce seulement une tentative stupide ?
Haku se souvint des gestes de Satsui, elle avait effectuer les signes d’une seule main, c’était peut-être la clef du problème qui sait ?
Le jeune homme fit glisser ses jambes sur le côté et dressa sa main droite à quinze centimètres de son visage. Non habitué à se servir de son unique main, Haku exécuta les signes de sa technique avec une lenteur exaspérante à son goût et il fut presque content d’éxécuter le dernier signe. Mais rien ne se passa, aucune porte vers le futur et aucun miroir ne s’était ajouté à sa galerie des glaces.
Ce ne sera pas aujourd’hui que je maitriserai le ninjutsu avec une seule main… Mais qu’est-ce qui cloche, tout est là !
Haku se remit en esprit la façon dont la flaque d’eau se déformait au fur et à mesure des goutelettes. Même le bruit envahit son esprit, Haku était si absorbé qu’il avait l’impression que cette goutte imaginaire résonnait en lui. Puis son regard s’illumina, suivant un sourire enfantin.
-La goutte d’eau tombe toujours au même endroit, elle attérit exactement là où elle est tombée précédemment, gloussa Haku, elle se concentre au même point, donc il faut que je garde ma concentration sur un miroir en particulier…
Sa théorie était bien bancaleuse, mais c’était tout ce qui l’attachait à ce maigre espoir, espoir qui pouvait très bien révéler des choses désagréables…
Haku passa de la théorie à la pratique et joignit les mains devant lui. Il plongea son regard dans le miroir qui lui faisait face, il voyait dans ce reflet bleuté son propre visage empreint de détermination. Il se contempla un court instant et ferma les yeux, visualisant dans sa tête l’image du miroir en face de lui. Il y voyait chaque nervure, chaque petite bulle d’air emprisonnée dans le carcan de glace, jusqu’à ressentir en lui le froid mordant de la glace. Dans un silence des plus complet, Haku fit les signes. Lorsque cela fut fait, il ouvrit les yeux, fixant sans ciller le miroir devant lui.
Il attendit plusieurs secondes que quelque chose se passe, mais aucun changement n’était à dénoté sur la surface lisse du miroir. Haku détendit ses muscles, frustré et épuisé d’avoir usé tant de chakra pour rien.
Soudain, le miroir se teinta de noir comme une télévision qui s’apprète à s’allumer.