Les brumes du passé, chapitre 10
Chapitre 10 :
-Où te caches-tu espèce de lâche !!
Mitsuke était dans une fureur noire. Il était entré à la suite de Suigetsu, mais celui-ci avait réussi à se cacher. Le bruit qui régnait à l’intérieur de la bâtisse était tel qu’on ne s’entendait même pas parler. Les pistons de l’usine hurlaient, la vapeur sifflait et une curieuse odeur imprégnait les murs de l’usine complètement vide. Les gens n’avaient tout simplement pas déserté le lieu, tout était automatisé.
Le maître en Katon cherchait sa proie, fouillant les lieux de fond en comble. Il faisait valser les tables, éventrait les sacs remplis de poudre blanche. Tout ce qui se dressait devant lui ne semblait pas l’arrêter. Il cherchait Suigetsu et il ne se calmerait pas tant qu’il ne l’aurait pas trouvé et tué.
-Montre toi ! vociféra Mitsuke, viens que je t’arrache les tripes !
-Si tu le demande…
Mitsuke leva les yeux vers la provenance de la voix. Il réagit trop tard. Suigetsu versa sur lui un plein sac de cette poudre blanche qui sortait des hurlantes machineries. Un épais nuage s’abattit sur Mitsuke, aveuglé par les milliers de petits grains, le ninja trébucha. Il se vautra au sol et porta les mains à son visage cherchant a retirer le maximum de poudre. Il en avait avaler une certaine quantité et les petits cristaux se figèrent dans sa gorge. Sa bouche était pâteuse, ses narines dilatées par l’inhalation.
-T’as signé ton arrêt de mort ! ! hurla Mitsuke.
Son chakra bouillonna soudainement. Suigetsu perché au-dessus de son adversaire n’attendait rien de bon de cette concentration de chakra..
Il se prépare à quelque chose…
Comme un éclair, un éclat siffla à son oreille. Sa joue fut égratignée d’une plaie, légère mais nette. Un câble en acier était apparu contre sa joue. Le filin de métal était tendu à l’extrême et provenait de la lourde bobine de fil que portait Mitsuke sur son dos. L’instant d’après, un nouveau projectile quitta la bobine et vint se figer aux pieds de Suigetu, suivit d’une multitude d’autres.
Suigetsu esquiva, mais une nouvelle salve de kunais fut lancée. Puis une autre et encore une autre. Les kunais reliés aux câbles d’acier étaient propulsés dans toutes les directions, en trente secondes, toute l’usine n’était qu’une énorme toile d’araignée. Le jeune garçon avait jusque là éviter de se faire toucher, mais les fils risquaient de gêner sa progression. Mais ce qui attira son ttention fut les mains de Mitsuke. Elles étaient jointes : le symbole du tigre.
-Katon, hiiro kumonosooki (la grande toile d’araignée écarlate)
Tout à coup, Mitsuke rayonna d’une lumière rouge et son corps s’imbiba de flammes. Il était devenu une vraie torche humaine. A sa suite, les dizaines de câbles en acier tendu à travers le bâtiment s’embrasèrent. Leurs puissantes langues de feu dévorant l’usine. Suigetsu était encerclé par les flammes qui menaçaient de le mordre. Sa vision n’était rempli que de flammes et de fumée.
Il est taré ! Il veut nous enterrer tout les deux !
Suigetsu chercha du regard son adversaire, mais l’intensité du brasier et les fumées dégagées l’avait rendu introuvable.
-Merde…
Un craquement sonore résonna au-dessus de sa tête, Suigetsu leva les yeux. Les poutres qui soutenaient le toit de l’usine n’allaient plus tarder à céder. Le jeune ninja déserteur chercha une porte de sortie, la seule qui ne fut pas embrasée était celle qui donnait sur le port. Il ne réfléchit pas plus longtemps et sauta dans cette direction. A l’instant même, les poutres lâchèrent et le toit s’effondra. L’usine s’affaissa sur elle même ne devenant plus qu’un tas de flammes et de cendres incandescentes.
Pendant ce temps, dans la forêt qui avoisinait le lieu de l’incendie, Haku était toujours allongé inconscient sur son lit de verdure. Le silence presque parfait de la sylve environnante fut rompu par un bruit de pas. Des pas souples et légers qui ne faisaient qu’effleurer l’herbe sur laquelle ils passaient. La silhouette fluette de Satsui apparut entre deux arbres. Ses yeux de glace fixant sa jeune proie immobile et sans défense.
La jeune femme glissa jusqu’au jeune garçon. Arrivée à côté de lui, elle fléchit les genoux et s’agenouilla. Sa tête n’était qu’à trente centimètres au-dessus de Haku. Elle leva son bras qui fureta jusqu’à la gorge de sa victime. Ses doigts se resserrèrent sur le cou frêle.
Les paupières de Haku s’ouvrir sur ses yeux flamboyants. D’une vitesse inégalée, il saisit le poignet de Satsui et de son autre main y planta un sembon. Dans un même mouvement, Haku roula sur le côté et se releva, deux nouveaux sembons glissèrent entre ses doigts experts.
La jeune femme n’aait pas même bougé, sa main était restée en suspens, serrée autour d’une gorge invisible. Mais ses yeux froids et inexpressifs étaient plongés dans ceux du jeune garçon. La force qu’elle exprimait à travers ce simple regard fit tréssaillir Haku. Il baissa les yeux vers le bras de son adversaire. Elle ne portait même pas la trace d’une blessure, le sembon qu’Haku croyait avoir planté dans la chair trônait sur l’herbe juste sous la main de Satsui.
Pourtant…je suis sûr de l’avoir planté…
-Sa me fait beaucoup de peine…
Les yeux de Haku glissèrent sur le visage de Satsui. Elle exprimait un visage triste et paraissait si sincère qu’Haku en étit déconcerté.
-Tu es si jeune…quand je pense que je dois être celle qui éteindra ta jeune lueur…
Elle se releva, les yeux clos, impérieuse dans son long habit. Lorsqu’elle se décida à rouvrir ses paupières, Haku crut discerner une larme au coin de l’œil. Mais Satsui disparut tout à coup.
De son œil vif, Haku vit la forme de Satsui bondir sur sa droite. Elle lui asséna un coup de pied horizontal qu’il esquiva en fléchissant les genoux. Emportée dans son mouvement, elle enchaîna par un balayage de sa seconde jambe. Haku para la jambe de son bras. Résolue à ne pas le laisser souffler, Satsui décocha un crochet du droit. Haku bloqua de sa main libre le poing de Satsui. Mais le second poing de la jeune femme atterrit en plein dans son visage. Haku ressentit de nouveau cette prodigieuse force qui l’avait propulsé tantôt. Une nouvelle fois, il fut étaler par terre. Mais le jeune garçon s’était relever aussitôt malgré sa tempe qui le faisait souffrir.
Pourtant ses premiers coups n’étaient pas si puissants…j’ai réussi à les parer sans problème et ce dernier coup de poing était bien plus fort…elle à une maîtrise parfaite de son chakra, elle le fait circuler de telle façon et le concentre en un point pour tout relâcher d’un coup, c’est stupéfiant.
Haku chercha quelques appui sur ses jambes flagellantes et se dressa comme il put.
Si sa force est le combat rapproché, alors il faut privilégier la distance…
Immédiatement, ses deux sembons volèrent vers Satsui qui les esquiva avec une simplicité déconcertante. Mais Haku avait plus d’un tour dans son sac, deux nouvelles rafales fondirent sur elle. Son mouvement d’esquive fut simple à prévoir et d’un dernier sembon, Haku visa l’endroit où devrait se trouver sa gorge dans quelques instants.
L’angle calculé, Satsui évitant les aiguilles, Haku lança son écharde métallique. Le dard toucha à son but, Satsui tomba sur le sol, son corps tombant dans une léthargie instantanée. La jeune femme frêle s’effondra sur le tapis herbeux, son fin visage recouvert par ses longs cheveux.
-Gagné…
Haku sentit son souffle saccadé s’adoucir. Sa victoire avait estompé la fatigue qu’il avait ressentit il y a peu de temps. Le jeune garçon s’approcha du corps inanimé de Satsui. Même si elle était un ennemi, Haku répugnait à tuer quelqu’un. Son attaque n’avait pour but que de faire tomber sa cible dans un coma de quelques heures. Cela devrait suffire à leur permettre, lui et ses compagnons, de terminer leur mission sain et sauf et de partir.
Haku s’agenouilla et passa la main entre les cheveux de Satsui, cherchant le sembon qu’il lui avait planté dans le cou. Mais ses mains ne tâtait rien d’autre qu’une peau délicate et sans cicatrice.
Que…
La main de Satsui saisit celle de Haku et une voile glacé recouvrit ses phalanges. Haku chercha à se dégager, mais les doigts de la jeune femme étaient fermement agrippé à son bras. Ce n’est que lorsqu’elle le lâcha qu’il put s’écarter de quelques mètres. Lorsqu’il regarda de nouveau son bras, un bloc de glace pendait au bout, immobilisant ses doigts.
-Je te l’ai dit…
Haku leva les yeux vers Satsui qui se relevait avec une lenteur enchanteresse.
-Ta vie va se finir ici même…et j’en suis désolée…
