Les brumes du passé, chapitre 11.

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Chapitre 11 :

 

             Satsui était debout sur ses longues jambes, son visage fermé n’exprimait aucun sentiment, mais ses yeux transperçait Haku comme milles aiguilles inquisitrices. Elle inspirait une telle puissance dans son allure qu’Haku en était resté pétrifié. D’apparence, elle n’était ni trop laide, ni trop belle, mais c’était une beauté majestueuse : de celle que l’on ne découvre qu’après avoir gratter l’écorce physique de l’être.

             Mais Haku était loin de chercher cette beauté invisible, il la subissait.

             Comment est-ce possible ?! Je ne l’ai même pas vu faire de signes et elle a réussi à m’immobiliser une main ! Et elle maîtrise le Hyouton…comme moi…

             Sa main congelée n’était plus qu’un poids pour lui. Une main en moins pour un ninja était un véritable handicap.

             -Je n’ai pas eu le privilège de voir quel genre de technique tu maîtrises, mais je préfère en finir vite, fit Satsui de sa voix calme, il n’est pas conseillé de combattre dans mon état.

             En disant ces paroles, elle venait de glisser ses deux mains sur son ventre. Mais ses yeux inquisiteurs revinrent sur sa victime.

             -Sans ta main, tu es désormais incapable d’exécuter tes techniques. En d’autres termes, tu es fini…

             La jeune femme venait de tendre la main, les rayons du soleil vinrent se refléter sur de minuscules cristaux de neige apparu comme par magie. Les petits flocons s’agglomérèrent pour former de longues aiguilles de glace.

             -Tu vas mourir par tes propres armes.

             Un soupir siffla entre les lèvres de Satsui et les dix longues aiguilles de glace s’envolèrent vers Haku. Le jeune garçon se glissa précipitamment derrière un arbre. L’écran végétal avait suffit à le protéger des dards gelés qui se plantèrent dans le tronc majestueux.

             -Au lieu de te cacher, fuis donc pendant qu’il est temps, conseilla Satsui à voix haute de sorte qu’Haku l’entende, peut être serais-je fatiguée de te poursuivre et tu auras sauver ta peau.

             Le sang de Haku bouillonna. Oui, cette solution lui avait traversé l’esprit. Oui, cette échappatoire était sûrement la seule issue, mais…

             Zabuza-san compte sur moi, il faut que je la ralentisse le plus longtemps possible. Lorsqu’il en aura fini avec leur chef, il reviendra m’aider, j’en suis sûre.

             -Ce silence…est-ce une hésitation ? ou un refus ? Tu crois que tes compagnons sont toujours en vie, qu’ils viendront t’aider le moment venu ? Cesse de croire à ça. Ce n’est pas en comptant sur des ombres que tu arriveras à survivre.

             Le calme et le ton si neutre de Satsui étaient ses armes les plus déstabilisantes, ses paroles avaient semé le doute en Haku. Le froid qui s’insinuait dans sa main était moins important que celui qui corrompait sa pensée.

             -Cesse de croire en eux, ce n’est pas ainsi que l’on devient fort.

             -Et c’est dans cet état d’esprit que vous vous battez aux côtés de vos compagnons ? A quoi vous servent-ils si l’on ne peut pas compter sur eux ?

             La voix de Haku s’était fait chevrotante, ses propres mots sortaient avec difficulté de sa gorge. Installer un dialogue avec l’ennemi n’était pas le meilleur moyen de rester camoufler, mais au point où il en était il pouvait toujours chercher à gagner du temps.

             -Mes compagnons ? fit Satsui ironique, non, je ne les vois pas comme tels. Mitsuke n’est là que parce que notre chef le veux bien, ce n’est qu’un abruti et un incapable. Quand à notre chef…

             Satsui venait de faire une pause. Haku n’écoutait que d’une oreille distraite l’explication de Satsui, pendant ce temps, il s’affairait à briser le glaçon qui lui pendait au bras.

             -…c’est tout ce qui me reste de ma famille…

             Ayant frapper le tronc de l’arbre d’un grand coup, Haku avait enfin réussi à déloger sa main de son cercueil de glace. Mais elle était glacée et ne souhaitait plus bouger.

             Encore un peu et on me l’amputait…

             -Si mon histoire ne t’interesse pas…

             Satsui venait d’apparaître en face de Haku, le visage crispé de surprise. Le poing de Satsui vola vers le visage de Haku. Ce dernier se baissa juste à temps pour éviter le coup. L’arbre derrière lui reçut le choc de plein fouet et sa ramure fut zébrée d’une longue cicatrice. Le peuplier se brisa littéralement en deux, sa haute moitié s’écroula sur le sol.

             Sa force à encore décuplée…

             N’écoutant que son instinct de survie, les doigts de Haku se glissèrent dans sa tunique. Il en sortit une aiguille aiguisée et la planta dans le ventre de Satsui. Cette fois-ci, il vit clairement son sembon se planter dans le corps de la jeune femme, mais ce corps était recouvert d’une carapace de glace. Son dard n’avait même pas touché la peau de Satsui, l’aiguille s’était encastrée dans un petit éclat de glace qui lévitait au-dessus de son épiderme.

             C’est…

             Devant le regard figé de Haku, Satsui avait répondu à sa question silencieuse.

             -Voilà pourquoi tes sembons n’avaient pas effet sur moi…Mon armure de glace me protégeait de tes aiguilles.

             Satsui leva le bras. Haku sauta de côté, esquivant le second poing de la femme. Un cratère se forma à l’endroit où elle avait frappé, là où s’était trouvé Haku une seconde plus tôt.

             Malgré cette effervescence de puissance, le visage de Satsui n’exprimait toujours pas d’émotion, elle avait cet éternel masque de neutralité. C’est ce qui effrayait Haku, cet air nonchalant comme celui de quelqu’un qui écrase un petit insecte sans véritable raison. Haku était cet insecte, mais il n’était pas sans défense.

             Le jeune garçon au masque joignit ses deux mains et engagea une série de signes.

             -Hyouton, Makyo Hyosho. (Les démoniaques miroirs de glace)

             L’air devint froid tout à coup, l’athmosphère qui régnait autour de Satsui devenait une chape de plomb qui pesait sur son corps. Se matérialisant autour d’elle, trois miroirs de glace apparurent. Le visage de Satsui se teinta de surprise devant cette technique, ses yeux glissèrent d’un miroir à l’autre pour ensuite se figer sur Haku.

             -Toi…

             Elle voulut tenter un mouvement vers lui, mais Haku venait de pénétrer dans l’un de ses miroirs. Son reflet apparut sur chacun d’entre eux, encerclant la jeune femme. Haku croisa les bras, dans chaque mains trois sembons étaient apparu, dix-huit aiguilles prêtes à transpercer Satsui.

             -Tu disais que ma mort était proche ? demanda Haku, moi je vois la tienne approcher…

             Sur ces mots et dans un bond, Haku se propulsa à une vitesse étonnante hors de son miroir. Haku fonçait droit sur Satsui qui avait les mains agencée en un signe. Malgré la vitesse de Haku, celui-ci vit nettement les lèvres de Satsui remuer ces paroles :

             -Hyouton, Makyo Hyosho. (Les démoniaques miroirs de glace)

             A l’instant même où elle avait prononcé ces mots, un écran de glace se dressa entre elle et Haku. Ne pouvant freiner sa course, le jeune garçon percuta de plein fouet le miroir qui avait poussé comme un champignon. La tête lui faisant mal, mais il n’eut pas de peine à voir des dizaines de miroirs de glace l’encercler à son tour.

             Elle aurait retourné contre moi ma propre attaque ?! Comment est-ce possible ?

             Haku leva les yeux. Satsui se tenait à quelques mètres de lui dans le large espace qu’offrait cette prison de glace.

             -Jamais je n’aurai imaginé cela…lâcha Satsui.

             Au grand étonnement de Haku, Satsui affichait devant lui un premier sourire, elle paraissait si heureuse. L’instant d’après, elle recula d’un pas et se coula avec grâce à travers l’un des miroirs. Sa propre image se refléta sur tout les miroirs, des dizaines de sourires encerclèrent Haku. Mais ce ne fut qu’une pluie de poings qui vinrent à lui.


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