Les brumes du passé, chapitre 14

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Chapitre 14 :

             Un silence lugubre et lourd était tombé sur les deux ninjas. Le miroir de glace ne reflétait plus rien sinon leurs deux visages. Satsui avait tourné la tête sur le côté, concentrant son attention sur un brin d’herbe parmi tant d’autres, son visage relétait l’indifférence, mais au plus profond d’elle-même, elle était bouleversée. Haku avait dû subir cette vision, la douleur qui paralysait son corps n’avait pas relâché sa prise, il ne pouvait détourner le regard et ses yeux refusaient de se fermer.

             On ne sait jamais qui est réellement une personne avant de nouer avec lui des liens, de le connaître au fur et à mesure qu’il se découvre à notre vue, mais même dans cet instant, on ne peut savoir ce qu’il est, il n’offre que la vue qu’il désire nous montrer. Mais Haku avait passé outre cette règle, il savait désormais qui était Suigetsu et cela l’effrayait au plus haut point.

             C’est un monstre…

             -Il ne méritait pas ça…

             Haku leva les yeux vers le visage de Satsui. La jeune femme fixait le miroir en quête de trouver une réponse.

             -Mitsuke n’était qu’un imbécile triplé d’un idiot, mais il ne méritait pas une mort pareille.

             Haku n’avait vu Mitsuke et Satsui ensemble une seule fois seulement et leurs échanges verbaux n’avaient rien de la franche amitié, bien au contraire…Pourtant Satsui était sincère, Haku le dénotait dans sa voix.

             -Je ne l’aurais souhaité à personne…Pas ce genre de mort…

             Le silence qui suivit ses paroles mit mal à l’aise le jeune garçon, cette situation était tout ce qu’il y avait d’embarrassant.

             -Comment s’appelle-t-il ? Demanda Haku.

             Sa tante sortit de sa contemplation et eut un regard pour Haku. Elle leva la main et le miroir émit une douce lumière. De nouvelles images naquirent sur l’écran, les silhouettes de Zabuza et de son adversaire étaient réapparues. Haku était soulagé de voir que son maître était toujours en vie.

             Le miroir s’attarda sur le visage à demi voilé du ninja adverse. Il exprimait un sourire qui s’étirait jusqu’à ses oreilles, combattre était une joie pour lui, c’était certain.

             -Malgré tous les noms qu’il aime s’attribuer, commença Satsui, son préféré est…

 

             Dans ce paysage de rocaille, aucun vent ne soufflait, un étrange soleil éclairait cette arène souterraine aux couleurs sables. Au centre de cette grotte se tenaient deux combattants qui entamaient un ballet survolté, tels deux capueristes. Aucun des deux ne baissait la cadence de leurs attaques de peur que leur adversaire ne prenne le dessus : un capueriste qui ne danse pas est un capueriste mort.

             Un bâton contre une lame acérée. Malgré l’avantage de l’acier sur le bois, Zabuza n’était pas dans son avantage, son adversaire était un vrai maître dans l’art de manier le bâton et il savait s’en servir à merveille.

             Pour le ninja de Kiri, ce combat semblait durer des heures et la fatigue commençait à peser sur son échine. Son adversaire aussi suait à grosse goutte, mais il n’avait pas la collection de bleus que portait Zabuza.

             -T’es un vrai singe dans l’art d’esquiver, cracha Zabuza.

Le blondinet venait de planter son bâton dans le sol, s’appuyant dessus essoufflé.

             -Je prends cela pour un compliment, ironisa le ninja de Konoha, ta réputation est loin d’être surfaite, mais elle ne vaut pas la mienne.

             Sans prévenir, le blond agrippa son bâton et encastra le bout dans la poitrine de Zabuza. La vitesse et la force du coup l’avaient surprit et son souffle fut coupé net. Il posa un genou au sol, sa lame tomba dans un bruit métallique.

             Malgré mon armure, il a réussi à me faire ployer…mais qui c’est ce type bon sang !?

             Le ninja ressaisit sa lame et chercha à prendre appui. Debout sur ses deux jambes, il regarda son adversaire d’un air méprisant. Celui-ci venait de tirer de sous sa tunique une gourde remplie d’eau. Il en avala une gorgée sous le nez du ninja de Kiri. Après avoir étanché sa soif, il reboucha la gourde et la posa sur un rocher.

             -Tu as peut être soif toi aussi non ? demanda t-il une pointe d’amusement dans le ton de sa voix, j’aime les combats qui durent longtemps, alors profite de cette dernière gorgée.

             Zabuza le fixa droit dans les yeux cherchant à dénicher le piège. Défiant toute attente, il poussa un étrange rire.

             -Parce que tu crois que je vais m’abaisser à trinquer avec mon adversaire…pour qui tu me prend !

Ses mains se joignirent en un signe.

             La gourde à côté du ninja de Konoha se mit à trembler et un trait bleu transperça sa surface. Une aiguille se planta dans la chair du blond, en plein dans son flanc. Estomaqué, l’homme regarda sa blessure, une longue aiguille constituée d’eau était plantée entre deux de ses côtes, un mince filet de sang tachait le tissu vert de son armure.

             -Juste entre les plaques de protection de mon armure…quelle dextérité…

             Il n’eut pas le temps d’en dire plus que Zabuza s’était élancé vers lui, la lame en avant. Le blondinet prit son bâton à deux mains et le tendit entre lui et le fendoir de Zabuza.

             -Rien qu’une brindille !! Vociféra Zabuza.

             Le tranchant de la lame percuta de plein fouet le bâton de voyage, mais la branche ne décida pas à céder, au contraire, elle bloqua la lame et un bruit métallique naquit lorsque les deux armes se percutèrent.

             Comment !?

             Zabuza en était resté sans voix.

             Une longue estafilade courait sur la surface du bâton, un craquement se fit entendre et la cicatrice courut le long de l’écorce, se fendant littéralement en deux. Mais comme la mue d’un serpent, cette peau de bois tomba sur le sol, laissant Zabuza détailler la nouvelle arme qui venait de naître : une lance.

             Elle était d'un métal blanc ouvragé, pas une seule imperfection ne venait rider le long manche de cette lance, même le fendoir de Zabuza n’avait pas laissé une seule entaille sur sa surface. Au bout de ce long cylindre de métal, trônait un fer de lance aiguisé à souhait.

             Zabuza reporta son regard sur le visage de son adversaire, à l’endroit où devaient se trouver ses yeux sous cette tignasse blonde.

             -Il est rare que je « déshabille » mon arme contre mes adversaires, mais on dirait que ce combat risque d’être plus long que prévu, alors autant presser l’allure.

             D’un moulinet, le ninja se désengagea et pointa le fer de lance vers Zabuza. De cette manière, il le tenait à bonne distance.

             -Tu m’en verras désolé, mais il faut que je fasse vite, ma femme n’aime pas attendre.

             -A quel nom devrai-je ériger ta pierre tombale ? Répondit Zabuza du Tac au Tac.

             Le blondinet esquissa un nouveau sourire.

             -Yondaime, le quatrième Hokage de Konoha.

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