Les brumes du passé, chapitre 15
Chapitre 15 :
La réponse du ninja avait saisit Zabuza, chacun de ses muscles s’étaient raidi d’une seule traite. Il n’arrivait pas à croire que le 4e était en face de lui, c’était impossible.
Il est mort pourtant…Lorsque le démon renard Kyûbi a attaqué le village de Konoha, le quatrième Hokage s’est sacrifié, la nouvelle a été annoncée dans tous les pays, il est mort ! L’éclair jaune de Konoha est mort !
A l’instant, Yondaime avait disparu et réapparu derrière Zabuza, la lame de sa lance pointée entre ses omoplates.
Sa vitesse…non, c’est…
-Suishin no jutsu, le scintillement des corps…murmura le blondin à l’attention de son adversaire.
-La célèbre technique de téléportation du quatrième…soupira Zabuza.
Le ninja déserteur ne vit pas le sourire qu’affichait son ennemi derrière son dos.
-Maintenant tu connais celui qui t’aura envoyé en enfer.
Yondaime plongea violemment sa lance dans la chair de Zabuza, celui-ci avait tenté un mouvement d’esquive en se penchant en avant. Le fer de lance courut le long de sa colonne vertébrale, faisant une profonde incision dans son armure de jounin. Le ninja de Kiri fit un roulé-boulé en avant et se releva prestement en faisant face à son adversaire. Les deux pans de l’armure de Zabuza tombèrent sur le sol le laissant torse nu.
Le ninja de Konoha parut mécontent, mais un long sourire s’étira sur ses lèvres.
-Je suis content, dit-il, pour une fois, je vais devoir jouer franc jeu avec mon adversaire.
Le quatrième planta sa lance dans le sol et joignit les mains pour exécuter des signes.
-Doton, Ryuukuchi !! (mâchoire du dragon)
Il frappa le sol du plat de ses deux mains jointes, puis plus rien…
Que s’apprête-t-il à faire ?
Le silence de la plaine fut ronger par un bourdonnement lointain qui se faisait de plus en plus proche. Une explosion jaillit à dix mètres de Zabuza, un pilier d’une hauteur de trois mètres venait d’émerger du sol et fonçait sur lui. Il esquissa la colonne qui passa juste à côté de lui. D’ailleurs, ce n’était pas une colonne, on aurait dit un aileron. Oui, c’était l’aileron d’une bête immense, il tournait autour de Zabuza d’une telle manière qu’on aurait dit un requin.
L’aileron s’immobilisa et sans prévenir un bruit assourdissant jaillit sous les pieds de Zabuza, relevant un panache de poussière. Au travers de ce rideau, on ne pouvait pas voir la silhouette imperceptible du ninja.
Qu’est-ce que c’est que ça ?! Je ne peux plus bouger ma jambe et mon bras gauche…
Lorsque le nuage se dissipa, Zabuza vit ce qui l’immobilisait : une immense mâchoire s’était refermé sur son corps. Son bras et toute sa jambe avait été littéralement « avalée » et la moitié de son corps était immobilisé par cette bouche sortit du sol.
-Adieu !!
Zabuza regarda sur sa droite, son adversaire courait droit sur lui, un étrange orbe bleu scintillait au creux de sa paume, soulevant des panaches de poussière autour de lui.
Cette technique… il me sort le grand jeu…
La sueur coulait le long du torse de Zabuza, on aurait dit une rivière. Ses muscles se tendirent, ses tendons devinrent de véritables barres d’acier et sa main emprisonnée jaillit au travers de cette gangue de terre pour se joindre avec sa sœur jumelle. Zabuza effectua une série de signes.
-Suiton…
Zabuza attendait le bon moment pour relâcher son attaque, dans un environnement pareil, sa technique ne manquerait pas d’échouer, mais Zabuza le savait et il avait prévu ce cas de figure.
Une bulle remplie d’eau apparue devant lui, grosse de vingt centimètres. Zabuza recherchait autour de lui toute trace d’humidité, dans l’air, dans le sol et même dans son corps. En moins de trente secondes, la sueur quitta son corps pour rejoindre la sphère aqueuse qui atteignit un diamètre raisonnable. Yondaime n’était plus qu’à quatre mètres de lui, la bulle ne semblait pas l’effrayer.
Maintenant !
D’un seul coup, Zabuza relâcha son chakra qui multiplia les molécules d’eau. La bulle atteignait maintenant les trois mètres de haut. Le ninja de Kiri fut ravi de voir la moue étonnée de son adversaire devant cette immense quantité d’eau.
-…Suiryuudan no Jutsu!!
La sphère d’eau se déforma pour prendre la tête d’un dragon en colère, ses immenses mâchoires bardées de crocs aqueux. Le béhémot s’élança sur son adversaire qui n’avait aucun moyen d’esquiver la vague. Yondaime fut englouti instantanément.
Zabuza tomba à genoux, il avait du transformer son chakra en eau et cette opération était plus épuisante que difficile dans un endroit dépourvu d’eau. Mais il ne put savourer sa victoire qu’une ombre le recouvrait déjà. Il esquiva juste à temps la lance qui se planta dans le sol à ras de son oreille. Yondaime était réapparu.
A la grande surprise de Zabuza, celui-ci n’était même pas trempé, il ne semblait pas avoir subi l’attaque de son dragon aqueux.
Étrange…
Zabuza était resté immobile, son adversaire se trouvait juste en face de lui à trois mètres, mais il n’était même pas tourné vers lui.
-Décidément, tu es plus coriace que je l’aurai cru, félicita Yondaime.
Zabuza garda le silence, pourquoi son adversaire ne profitait pas de l’occasion pour l’attaquer ? Il était désarmé, son fendoir était aux pieds du ninja de konoha.
C’est encore un jeu ? A moins que…
Zabuza tira lentement de sa sacoche trois shurikens aux pointes arrondies. Il en lança un sur la droite de Yondaime, le projectile se planta dans le sol et le ninja réagit au bruit et frappa dans cette direction. Il frappait dans le vide.
Je comprends mieux…il est aveugle…
Son adversaire se référait aux bruits, c’est pour cela qu’il n’arrêtait pas de parler avec lui, pour connaître sa position et ainsi diriger ses attaques. Le voile se levait peu à peu, mais comment avait-il esquivé la technique de Zabuza ? Avait-il plongé dans le sol ? Était-ce une de ses techniques ?
Tant pis, c’est la fin pour toi…
Zabuza lança ses deux derniers shurikens à gauche de Yondaime, une nouvelle fois, celui-ci frappa dans la direction du bruit. Zabuza s’élança sur son adversaire en deux enjambées silencieuses, kunai en main. Il n’était pas un assassin pour rien, tuer furtivement était ce qu’il faisait de mieux, même sans sa brume, la cécité de son ennemi suffirait à lui offrir la victoire.
Mais en vers et contre toute attente, le ninja se tourna vers lui et planta sa lance dans son épaule. Le déserteur de Kiri s’effondra sur le sol, le souffle coupé.
-Trouvé…fit Yondaime d’un air sadique.
Le ninja enfonça plus profondément le fer de sa lance, épinglant le déserteur dans le sol. Yondaime tourna autour de Zabuza, le scrutant de ses yeux aveugles.
-Ton petit jeu avec ces shurikens t’a permis de découvrir mon point faible, mais sache que c’est aussi mon point fort.
Yondaime s’accroupit à la hauteur de Zabuza et souleva les cheveux qui lui encombraient les yeux. Une énorme cicatrice courait le long de son visage, parallèle à sa bouche. Ses deux yeux étaient joints par une ligne droite. Zabuza n’osa imaginer ce qui se cachait derrière les paupières fermées du ninja, ce qui n’empêcha pas Yondaime de sourire.
-Le célèbre Yondaime est aveugle, siffla t-il, mon combat contre Kyûbi n’a pas été une partie de plaisir, ça non.
Un silence lourd et pesant venait de s’abattre. Un rire lugubre s’éleva. Zabuza, prostré sur le sol riait. Yondaime écoutait ce rire étrange d’un visage fermé.
-Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ? demanda t’il se demandant si la folie ne gagnait pas son ennemi.
Zabuza attrapa Yondaime par le col.
-C’est toi le vrai…souffla Zabuza entre deux rires, c’est toi l’original…
-Qu’est-ce que…
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’une lame lui transperça l’estomac. Le ninja de Konoha tâta le métal froid qui l’avait pourfendu, c’était le fendoir de son adversaire. Il passa sa main dans son dos et trouva une main serrée autour de la garde de l’arme, puis un bras. Zabuza se trouvait juste dans son dos.
-Comment est-ce possible, toussa Yondaime paniqué, tu es là étendu sur le sol, tu ne peux pas être à deux endroits à la fois.
Le ninja touchait le corps transpercé de sa lance. Il était froid. Il exerça une légère pression et le corps s’évapora. De l’eau venait inonder le sol sous ses mains.
-Un……clone aqueux ? Quand as-tu pu le créer ? je ne t’ai pas vu exécuter les signes…
-La seule fois où j’ai disparu de ta vue, expliqua Zabuza, lorsque tu as invoqué ces mâchoires pour m’immobiliser. Grâce à l’immense dose de chakra que tu avais insufflé dans cette technique, il était simple de la pister.
Zabuza reprit son souffle, regardant le corps de Yondaime se couvrir de frisson au fur et à mesure qu’il faisait son récit.
-Je savais où elles allaient émerger. Au moment où elles sont sorties du sol et qu’elles ont soulevé le nuage de poussière, j’ai esquivé et composé mes signes. Mon clone s’est volontairement glissé dans tes mâchoires pendant que moi je me cachais derrière cet aileron qui était censé me distraire.
Zabuza jetta un coup d’œil sur l’immense montagne de terre qu’était cet aileron au centre de cette arène.
-J’ai attendu car je ne voulais pas m’attaquer à un de tes clones, tu semblais manier si bien cette technique que j’ai voulu être prudent. Mais le plus intéressant…c’est que tu n’es pas celui que tu prétends être.