Les brumes du passé, chapitre 16
Chapitre 16 :
Lorsque Satsui vit Zabuza se faire attraper par les deux maxillaires de roche, elle ne put se retenir de sourire. Son regard glissa sur Haku.
-Une fois que tout sera terminé, nous pourrons partir et fonder une grande famille tous les trois…enfin quatre…
Haku restait silencieux, il venait de retrouver une famille, un parent de son propre sang. Il serait enfin parmi les siens lorsque tout serait terminé, lorsque Zabuza touchera le sol et rendra son dernier soupir, il pourra commencer une nouvelle vie. Mais en voulait-il ?
Satsui était de son sang, Haku ne l’avait rencontré qu’il y a une demi-heure à peine et elle lui offrait une chance de réintégrer une vraie famille.
Zabuza était celui qui l’avait tiré de la rue, lui avait appris à se battre et plus encore, il lui avait appris à vivre pour quelqu’un.
Haku ne voulait pas voir mourir Zabuza, sa vie actuelle lui suffisait, mais retrouver un membre de sa famille était inespéré, il n’était plus le dernier héritier de son clan. L’esprit de Haku dérivait lentement dans ce brouillard de pensées contradictoires, que devait-il choisir ? Quelle solution lui conviendrait le mieux ? Le résultat du combat en Zabuza et son adversaire décidera de tout.
L’attention de Haku revint sur Satsui, elle venait de poser sa main sur son ventre. La curiosité du jeune garçon fut piquer au vif.
-Cela fait combien de mois que vous le portez ? demanda Haku.
Satsui soutint le regard d’Haku si interrogateur. Une question pareille était assez indiscrète pour une personne de son âge. Mais ce fut presque avec plaisir qu’elle lui répondit.
-J’en suis à mon troisième mois de grossesse.
Plus que six mois…
Le miroir émit une lumière blême, l’image actuelle se déforma pour laisser place à la silhouette d’une énième personne. Une jeune fille d’une quinzaine d’année à la peau de neige, aux lèvres fines et aux grands yeux d’un vert chaleureux. Son visage avait été taillé avec une minutie toute particulière qui la rendait précieuse. Ses longs cheveux étaient d’un blond éclatant, elle les avait noués de la même manière que Satsui. D’ailleurs elle lui ressemblait tellement…
Haku ne percuta pas tout de suite, mais la ressemblance avec Satsui était telle qu’on ne pouvait l’ignorer. Le jeune garçon était perturbé par cette vision.
Est-ce l’enfant qu’elle rêve d’avoir ?
La jeune femme avait remarqué l’attitude de Haku, sa joie débordait presque.
-Tu es loin de connaître le vrai pouvoir de ces miroirs…murmura t’elle.
Une nouvelle silhouette était apparue aux côtés de l’adolescente. Si les cheveux de la première étaient blonds, ceux de ce nouveau venu étaient d’un noir aile de corbeau, il les portait aussi long qu’elle, mais noués en catogan. Ses traits avaient perdu le côté androgyne de sa jeunesse, mais on pouvait encore le reconnaître malgré les années qui avaient tiré ses traits.
Haku était si surpris que son cœur s’était arrêté de battre pendant trois longues secondes.
Mais c’est moi !
-Avec quinze ans de plus, tu gardes quand même un certain charme, le félicita Satsui jubilant de son tour de magie.
« Tu connais la grande vallée des miroirs au pays des neiges ?
Haku avait répondu non de la tête, toujours absorbé par la vision que lui offrait le miroir.
-Ces immenses miroirs étaient un cadeau de notre clan au souverain du pays, sept miroirs immenses créés à partir de la glace la plus pure. C’était bien avant notre exode à Kiri, notre grande famille s’est dispersée, les guerres ont débutées, nous avons été traqué et aujourd’hui, voilà où nous en somme : à scruter l’avenir.
L’avenir…Ces miroirs nous montrent…le futur ?
Haku avait donc devant les yeux ce qui allait se passer dans quinze bonnes années, il se voyait lui-même quinze ans dans les dents avec la fille de Satsui, le destin avait choisi pour lui. Le combat entre Zabuza et le compagnon de Satsui n’avait même pas fini et Haku en connaissait déjà la conclusion par l’intermédiaire de cette vision.
L’image s’estompa dans un nuage de brouillard et le duel revint à l’écran. Le compagnon de Satsui était agenouillé à côté de Zabuza, étendu sur le sol.
Le futur se confirmait…mais pour combien de temps ?
Lorsqu’ils virent l’ombre qui se glissait dans le dos de Yondaime, Satsui s’était levé si brusquement que la tête de Haku valsa de ses genoux. Elle approcha son visage horrifié près du miroir. Il fallait qu’elle fasse vite, elle avait encore le temps de protéger son compagnon si elle se dépêchait.
Zabuza se glissait dans le dos de son adversaire, il allait prendre l’avantage et Haku le savait. La vision était-elle fausse ? Ou était-ce l’ordre des choses ? Était-ce ce qui devait arriver pour que cette vision se concrétise ? Haku voulait y croire pour une fois.
Satsui posa la main sur la surface froide du miroir et commença à passer au travers. Elle s’était presque immergé totalement à l’intérieur du miroir qu’une force la retenait : Haku avait rampé jusqu’à elle et lui avait agrippé la cheville.
Si ce futur doit arriver, alors elle ne doit pas mourir aujourd’hui !
-Lâche-moi, ordonna Satsui.
Haku gardait la main serrée sur la cheville de Satsui, sourd à son ordre.
D’un geste vif et violent, elle se défit de l’étreinte du jeune garçon et sauta dans l’écran. Elle tourna son regard de l’autre côté du miroir, il était trop tard : Zabuza avait déjà plongé sa lame dans le gosier de son aimé. Cette vision lui glaça le sang, une douleur silencieuse s’insinua dans ses veines, ce fut comme si elle avait ressenti cette lame froide lui transpercer les tripes à son tour.
Dans ce miroir de glace se trouvait un monde si vaste, mais si silencieux…Le cri de douleur qu’elle étouffait ne lui serait même pas revenu en écho dans cet espace d’un bleu infini.
Satsui se trouvait entre deux fenêtres : derrière elle, le visage fatigué de Haku frappant sur la surface du miroir en lui adressant des paroles silencieuses et devant elle, la mort de l’être qui lui était le plus cher.
Elle avait l’impression qu’un être farceur avait appuyé sur le bouton « arrêt sur image » d’une télécommande. Son corps fonctionnait au ralenti alors que ce qu’elle voyait semblait filer à une allure folle : les lèvres bougeaient, les deux combattants se parlaient. Il était encore en vie. Satsui pouvait encore sauver le père de son enfant. Haku avait cessé de marteler le miroir et fixait le dos de Satsui sans voir son visage. Elle claqua des doigts, le miroir dans son dos fondit instantanément ne devenant plus qu’une flaque d’eau aux pieds de Haku. Satsui se dressa de toute sa hauteur, rassemblant son courage. De sous sa manche droite, une fine lame de glace apparue, devenant l’extension mortelle de son bras.