Les brumes du passé, chapitre 17

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Chapitre 17 :

 

            Tout avait disparu, Haku était maintenant seul dans cette forêt, étendu sur le ventre et les mains baignant dans ce qui restait du miroir de Satsui. Ses membres avaient repris de leur vigueur et la douleur qui lui était tombé comme une chape de plomb s’effritait peu à peu. La force recommençait à couler dans ses veines comme une douce chaleur réconfortante, mais un goût amer persistait dans sa bouche.

            Où est-elle passé ?

            Haku avait beau regarder autour de lui, il ne voyait pas trace d’elle, Satsui avait littéralement disparu. Que faisait-elle maintenant ?

            Elle va sûrement chercher à sauver son compagnon, Zabuza-san est en danger…il faut que j’aille l’aider, mais où peuvent-ils être ? Je ne sais même pas où ils se battent.

            Il ne fallait pas perdre de temps, Haku chercha à se relever, mais ses jambes étaient encore pétrifiées. Le jeune garçon rampa jusqu’à un arbre et s’accrocha à son écorce. A l’aide du tronc et de ses deux bras, il se hissa sur ses deux jambes, raides comme celles d’une statue.

            -Il faut que je les trouve et vite…

            -Parfait, moi aussi je dois rejoindre Zabuza-sama.

            Haku se retourna vers cette voix sortit des ténèbres. Suigetsu venait d’apparaître d’entre deux arbres, son visage affichant cet éternel sourire. Un certain malaise parcourut le jeune ninja : voir ainsi Suigetsu alors qu’il lui avait montré ce dont il était capable n’avait rien de rassurant. Haku se méfiait plus que jamais.

            Suigetsu s’approcha de lui. Haku ne put s’empêcher de faire glisser un sembon de sa manche dans sa main. Même si Suigetsu avait terminé son combat, il semblait beaucoup plus en forme qu’Haku et ce-dernier ne voulait pas laisser une occasion à Suigetsu de l’éliminer. S’il s’approchait plus de lui, Haku prendrait ça pour un signe de défi et engagerait le combat. Mais Suigetsu eut la sagesse de ne pas se frotter à son rival, l’éclat métallique du sembon l’avait-il arrêté ?

            -Tu as réussi à te débarrasser de ton adversaire ? demanda Suigetsu.

            Devant le silence de Haku, Suigetsu avait secoué la tête comme désespéré. Même Haku était triste de sa faiblesse.

            -Allez traîne pas, ya un dôme bizarre au milieu de la cour de l’usine.

            Suigetsu se retourna et ouvrit le chemin. Haku claudiqua en direction de son masque reposant sur le sol. Il se baissa et le ramassa. Les deux yeux en forme de vagues le regardèrent sévèrement.

 

            -Je...ne suis pas « celui que je prétend être » ? souffla Yondaime, qu’est-ce que c’est encore que cette connerie...

            Zabuza resta silencieux devant le ton élevé que prenait son adversaire embroché sur sa lame. Il avait choisi l’estomac car c’était un point du corps qui ne se relevait pas mortel. Si Zabuza avait voulu le tuer, il aurait choisi de trancher la jugulaire ou au pire lui transpercer le cœur. Mais le shinobi voulait exposer sa thèse à un auditoire, vivant de préférence.

            -Tu n’es pas le quatrième hokage de Konoha.

            Un sursaut avait parcouru l’échine du blondinet. Ce-dernier ne daigna même pas tourner la tête vers son adversaire.

            -Et comment je fais ça à ton avis ? cracha le blond.

            Il avait tendu la main et une sphère de chakra bleu tournait dans tous les sens dans le creux de sa paume. De dos, il chercha à projeter cette sphère sur la main de Zabuza qui tenait le fendoir. Le ninja esquiva instinctivement et retira violemment sa lame du corps de sa victime. Au moment même où le métal quitta son corps, le blondin avait retenu un cri et à sa suite le monde tout autour d’eux disparu en un millier de grain de poussière. Même le rasengan que tenait Yondaime s’effrita de la même façon.

            La caverne qui avait été le lieu de leur combat disparu, Zabuza et son ennemi se retrouvèrent au milieu de la cour de l’usine qui n’était plus qu’une ruine couverte de braises.

            Zabuza regarda autour de lui d’un œil distrait, mais son attention se reporta à l’homme agenouillé devant lui.

            -Comme je le pensais…tout ceci n’était qu’un Genjutsu...

            Le silence gêné de Yondaime fut un véritable aveu.

            -Je suis surtout impressionné par la qualité de ton jutsu hypnotique, on s’y croirait, félicita Zabuza, mais tu as toujours certains détails à améliorer, comme avec ton rasengan...

            Yondaime s’était retourné, mais ses jambes refusant de bouger, il resta assis sur le sol, une main soutenant son corps penché en arrière, la seconde posée sur sa plaie.

            -Lorsque tu es venu percuter mon dragon aqueux, je n’ai pas vu l’effet de ta technique et je ne t’ai pas vu être touché, je t’ai juste vu disparaître sous l’eau. Au départ, je pensais que tu avais utilisé ta technique pour t’immerger sous terre, mais lorsque tu as réapparu, tu étais sec, tu n’étais même pas tremper.

            Le visage de Yondaime s’était contracté.

            -J’ai immédiatement compris que ce n’était pas le vrai toi qui m’avais attaqué de front avec ton orbe tourbillonnante, ton seul rasengan aurait repoussé la faible technique de mon clone, mais il ne s’était rien passé au moment du choc. Mais depuis ma position, je t’ai vu t’approcher de moi, sauter et essayer de m’embrocher.

            Yondaime avait esquissé un bref sourire aussitôt réprimé par une grimace douloureuse.

            -Je suis admiratif…jamais je n’aurais pensé que quelqu’un pourrait décortiquer ma tactique aussi facilement.

            Zabuza avait la confirmation de sa théorie, mais un point assombrissait le tableau.

            -Mais ce que je ne comprends pas, c’est ton dernier mouvement…Pourquoi as-tu fait mine de ne pas me voir ? Après que tu ais tenté de m’embrocher, tu as fait semblant de ne pas me voir.

            -Pour un aveugle, il est difficile de voir, plaisanta le blondinnet.

            -Pourquoi m’as-tu dévoilé que tu étais aveugle alors que tu pouvais me repérer avec facilité ?

            Le ninja de Konoha parut contrarié, il fixait Zabuza de ses yeux aveugles d’une telle manière.

            -Tes capacités en Doton te permettent de me repérer tant que j’ai les pieds sur la terre ferme, affirma Zabuza, alors pourquoi avoir fait semblant de ne pas m’avoir repéré ?

            -Le plaisir de la chasse…

            Zabuza se raidit, ses yeux toujours fixés sur la silhouette ensanglantée du shinobi de Konoha.

            -Faire croire à son ennemi que l’on a un handicap, c’est lui donner confiance en lui et ce trop plein de confiance le pousse à attaquer et à tenter une approche contre son adversaire...

            Zabuza restait muet devant le raisonnement du blondinet.

            -...c’est pourquoi l’handicapé a un avantage, il sait que son ennemi va l’attaquer et il sait comment le contrer. C’est à ce moment là qu’il le neutralise définitivement...

            Zabuza s’était mordu la lèvre, il avait échappé au piège de son adversaire de justesse. S’il n’avait pas utilisé son clone pour prendre sa place, il serait mort à l’heure qu’il est.

            Yondaime cracha une gerbe de sang qui vint s’écraser devant lui. Il s’essuya la bouche du revers de sa manche. Il tendit sa main vers sa lance plantée dans le sol et prit appui dessus.

            Zabuza le regarda sans ressentir de danger, son adversaire n’était plus une réelle menace dans cet état. Il avait gagné, mais il devait terminer son contrat, l’empêcher de nuire à la Gâto Company.

            Le ninja déserteur s’approcha lentement et plaqua le tranchant de sa lame contre la gorge de sa victime. Le blondin ne fit même pas un geste de recul, il acceptait son sort.

            -Pourquoi vous vous êtes dressé contre Gâto ? Et qui vous a engagé ?

            Le visage de Yondaime se teinta de surprise. Mais il se décida à répondre à la question de Zabuza.

            -Depuis que Gâto s’est installé dans la région, un climat malsain a envahi tout le comté. Des querelles mineures qui ont enflées, des agressions, des morts tragiques,...tout cela à cause d’une drogue...c’est dans cette usine que Gâto fabriquait cette drogue et nous avons décidé, mes compagnons et moi, de trancher les racines de ce mal.

            -Tu n’as pas répondu à ma seconde question, qui vous a envoyé ici ? répéta Zabuza.

            Les lèvres de Yondaime s’arquèrent dans un sourire.

            -Qui ? Mais nous bien sûr...nous avons décidé par nous même de stopper Gâto...

            Zabuza était si stupéfait que sa lame vibra un instant sous la gorge de son ennemi. Cette réponse était celle qu’il attendait le moins.

            -Personne, pas même les autorités de votre pays n’auraient accepté que vous partiez pour accomplir cette mission dans une autre contrée.

            Le sourire de Yondaime se fit plus long encore, ce qui perturbait Zabuza de plus en plus et le rendait furieux.

            -C’est pourquoi j’ai déserté, souffla le blondin.

            -Tu as déserté ? fit Zabuza sarcastique, et ton bandeau frontal ? Le symbole sur ton bandeau n’est même pas barré...

            -Le tien non plus, rétorqua Yondaime avec ironie, je crois que tu es le mieux placer pour savoir pourquoi nos bandeaux ne portent pas la marque des déserteurs.

            L’intensité et le côté solennel de sa voix fit tressaillir Zabuza. Au fond de lui, il connaissait la raison pour laquelle il n’avait pas barré l’emblème de Kiri et à première vue, son ennemi aussi le savait. Ils étaient pareils.

            -Zabuza-san !! Attention !

            Le ninja de Kiri eut à peine le temps de tourner la tête dans la direction de ses deux disciples qu’une douleur froide s’insinua dans sa poitrine sous la forme d’une pointe de cristal couverte de sang.

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