Les brumes du passé, chapitre 27.
Chapitre 27 :
L’aube avait fini de poindre et le soleil se dressait haut dans le ciel annonçant midi. Contraste saisissant par rapport à la journée d’hier : pas un nuage ne venait balafrer le ciel. Il était étonnant de voir comment le temps changeait si vite dans cette partie du monde.
Depuis hier soir, Haku était allongé sur le plancher de sa chambre, sa propre respiration était le seul bruit audible dans la chambre. Ce ne fut qu’à la première heure de l’après-midi qu’Haku s’était enfin décidé à ouvrir les yeux. Devant la vive lumière qui filtrait de sa fenêtre, ses yeux se plissèrent devant cette agression. Il passa sa main au dessus de sa tête cherchant à se protéger des rayons. Haku se sentait groggy après avoir dormi sur ce plancher inconfortable, son visage portait encore la trace d’une latte de parquet, impregant des sillons sur sa peau. De multiples courbatures s’étaient profondement installer dans son dos et au niveau de ses cervicales, la douleur qui le transperçait à chaque mouvement était à la limite du supportable, mais il savait que cela passerait avec le temps.
Plus jamais je ne m’endormirai sur ce fichu plancher, plus jamais…
Haku avait beau avoir passé une longue nuit, il sentait toujours cette langueur caractéristique qui s’abattait sur lui à chaque fois qu’il utilisait trop de chakra. Il s’était refait une petite réserve, mais il faudrait encore plusieurs heures de repos.
Haku allait se préparer à descendre pour prendre un bon petit déjeuner, mais en regardant le soleil si haut dans le ciel, il se doutait qu’il n’y aurait aucun petit déjeuner à la clef, pas même de déjeuner, il était bien trop tard.
Tant pis, je jeunerai jusqu’à ce soir…
Haku s’était tourné vers son lit que quelqu’un tambourina à la porte. Haku se tourna lentement vers la porte de sa chambre et fit jouer la poignée. Lorsque la porte s’ouvrit, Zabuza était juste là.
-Zabuza-san ?
-Tu n’es pas venu manger aux deux derniers repas, s’expliqua Zabuza, je voulais m’assurer que tout allait bien.
Eh bien non…tout va mal…
-Ne vous en faites pas, je…je n’avais pas très faim…
Zabuza l’éxamina du regard avec insistance, il passa sa main sur le crâne de son jeune élève et lui ébouriffa les cheveux. Il lui adressa un court signe de tête et quitta la compagnie d’Haku. Ce-dernier attendit que Zabuza ait descendu la première volée d’escalier avant de fermer la porte et de s’asseoir sur son lit.
Au fond de lui, la visite de son maître lui avait fait plaisir, il s’était inquiété pour lui et cela était suffisant pour encourager Haku à espérer que Zabuza refuse la proposition de Kisame. Mais les différentes visions qu’il avait entraperçu dans le miroir ternirent ce bonheur fugace. Qu’avait-il vu en fin de compte ? Zabuza devenir un membre de l’Akatsuki, Suigetsu arborer son fendoir, cet étrange attroupement de personnes et enfin sa propre mort. Tout cela n’était guère rassurant, surtout la dernière vision.
Haku se toucha le haut du crâne, là où l’avait ébouriffé Zabuza. Ce serait peut être le dernier signe de tendresse de la part de son maître. Haku s’allongea sur son lit et chercha le sommeil en vain. Il vit défiler les heures une à une sans s’endormir, mais rester ainsi allonger sans faire d’effort lui rendait des forces peu à peu.
Cette dernière journée allait passer très vite, pensa Haku.
Le soir même, après avoir rempli son estomac comme il le pouvait, Haku s’était de nouveau barricadé dans sa chambre. Il comptait renouveller l’expérience d’hier soir pour être certain de ce qu’il avait vu.
Cette fois-ci, il décida de s’asseoir sur son lit, ainsi, s’il lui prenait de s’endormir aussi subitement qu’hier soir, il dormirait mieux sur son matelas que sur le plancher.
Maintenant, il faut que je me concentre sur un seul miroir, je ne dois pas gaspiller trop de chakra.
Haku joignit ses mains et exécuta les signes nécessaires à sa technique. L’instant d’après, un haut miroir de glace se forma en face de lui, tapissant la pièce d’une aura bleutée. Le jeune garçon refit les signes en se concentrant au maximum sur le miroir qu’il avait déjà créé. Lorsqu’il eut terminé sa série de signes, rien ne se passa. Mais Haku attendit patiemment et vit ,après trente secondes, le miroir devenir noir comme la veille. Le jeune homme s’empressa de toucher la paroi de glace et sentit son contact chaud. Une tache vermeil naquit du bout de ses doigts et les arabesques se dessinèrent d’elles-même sur la surface polie de l’écran.
Mais cette fois-ci, ce fut différent de la dernière fois, les traces vermeils s’étalaient en longs filins rouge-orangé en forme de spirale. A l’épicentre de cette tornade se trouvait une forme aux contours indistincts, mais gravitait au-dessus de lui, la gueule effrayante d’un renard en flamme. Cette scène était si réaliste qu’Haku ressentait une forte énergie émaner du miroir, un chakra étrange et effrayant. Soudain, cette tête enflammée ouvrit grand sa gueule bardée de crocs et fondit sur Haku. Le jeune garçon fit un bond en arrière et percuta le mur derrière lui. La douleur s’insinua dans son être et la vision s’interrompit. Haku se massa le crâne, mais gardait le regard fixé sur l’écran noir. Une sueur froide perlait à ses tempes et la peur qui l’avait saisit continuait de faire battre son cœur à cent à l’heure.
Qu’est-ce que ça signifie ? Que je vais rencontrer cette chose ?
Le miroir restait muet à ses questions silencieuses, laissant encore le doute s’insinuer dans l’esprit de Haku. Mais il voulait savoir ce qui allait lui arriver plus tard, il était curieux de savoir ce que lui réservait l’avenir.
Il se passa la main dans les cheveux, repoussant les mèches folles qui lui couvraient la vue. D’un revers de manche, il épongea la sueur qui l’importunait et se remit à scruter les profondeurs du miroir dans l’espérance d’y apprendre quelque chose. Mais il ne lui apporta rien de plus, sinon la même image de Zabuza drapé dans la tenue de l’Akatsuki.
Haku se rendit compte qu’il n’apprendrait plus rien ce soir, il fit disparaître le miroir d’un revers de main et se glissa dans les couvertures. Il ajusta son oreiller derrière son dos, cala ses deux mains derrière sa nuque et se mit à l’observation du plafond.
Depuis peu, il cherchait à maîtriser une technique que seuls ceux de son clan pouvaient maîtriser, voir dans l’avenir était à ses yeux un grand avantage. Mais il avoua que tout ce qu’il avait vu à travers ce miroir ne faisait qu’alimenter son lot de questions. Il ne s’était essayé à cette technique que depuis la veille, il ne pouvait espérer la maîtriser totalement en une nuit. Aux yeux d’Haku, connaître son avenir était un atout d’une grande valeur, mais il n’arrivait pas à concevoir comment son clan s’était éteint s’en même s’apercevoir qu’il était à son apogée. Il était impossible que des gens avec un tel talent entre leurs mains n’aient pas pu voir leur propre fin arriver.
Et maman ? Comment n’a t’elle pas vu que sa vie allait s’arrêter si subitement ? Elle avait ce pouvoir elle aussi…
Haku avait soulevé cette question dès que Satsui lui avait montré l’avenir dans son miroir, comment sa propre mère n’avait t’elle pas éviter ce drame ? Avait-t-elle simplement oublié de consulter le futur ? Ou s’était-elle résignée à son sort de son plein gré ? Jamais il ne l’avait vu utiliser ses pouvoirs héréditaires, même lorsque son père n’était pas là. Ella avait bridé ses pouvoirs, pour se protéger elle-même et son fils. Haku pencha donc pour la première hypothèse qu’il avait envisagé, sa mère n’avait tout simplement pas vu ce qui lui arriverait.
Haku fut à la fois rassuré et triste, cela ne venait pas contredire les pouvoirs du miroir mais malheureusement, cela ne contredisait pas la véracité de ce qu’il dévoilait. Demain, le miroir avait prédit que Zabuza accepterait de devenir membre de l’Akatsuki, Haku priait pour que le miroir ait tort, il n’en aurait la confirmation que le lendemain et cela le terrifiait encore plus.
Demain apportera son lot de réponses.