Les brumes du passé, chapitre 28
Chapitre 28 :
La nuit s’était écoulée dans un silence de mort et dès l’aube, les brumes s’étaient empressées d’enrober les alentours de la planque, donnant un aspect sprectral et morbide à ce lieu. Haku s’était levé maussade, accomodant son humeur à la journée qui allait se dérouler, c’était sans doute la toute dernière fois qu’il arpentait cette demeure, son foyer allait s’évaporer alors qu’il ne s’y était installé que depuis quelques jours seulement. Le destin était ironique parfois, mais jamais plaisant.
Haku dévala les escaliers, il descendit un étage puis passa quelques couloirs et autres portes pour enfin arriver devant une table où mangeaient six-sept convives. Au bout de la table se tenait Zabuza, à l’autre bout, deux chaises vides qui étaient réservées à ses disciples. Haku remarqua que Suigetsu n’était toujours pas revenu, peut être était-il parti pour de bon ? Haku allait s’asseoir, lorsqu’il entendit un bruit de pas dans les escaliers, derrière lui. Il se retourna et vit la tête de Suigetsu passer l’embrasement de la porte. Comme si de rien n’était, il croisa le regard d’Haku et se dirigea vers sa place attitrée où il se servit dans les nombreux mets qu’offrait la table.
Haku intrigué, s’empressa de s’asseoir en face de son rival et le fixa. Suigetsu gardait les yeux baissés sur sa nourriture, ignorant le regard insistant que lui portait Haku. Ce-dernier continua ainsi pendant deux bonnes minutes, sans oublier de remplir son estomac, mais devant les tentatives d’esquive de Suigetsu, Haku se fit plus direct.
-Où étais-tu passé ces derniers jours ?
Suigetsu semblait dans cet instant aussi sourd que muet, il continua à triturer sa nourriture sans même accorder un regard à son voisin de face. Il fallait donc être encore plus direct.
Haku refila à Suigetsu un puissant coup de pied dans le mollet, ce qui cette fois-ci attira l’attention de Suigetsu qui avait saisit son verre. Le garçon lui adressa un regard assassin tout en se massant le mollet de sa main libre.
-Pourquoi tu n’étais pas là ces deux derniers jours ? Demanda Haku insistant.
-Lâche moi un peu ! susura Suigetsu dans un murmure.
Il s’apprétait à porter son verre de jus de fruit à ses lèvres lorsque le liquide se dressa dans le conteneur, dardant sur Suigetsu des pointes acérées. Le garçon leva les yeux vers Haku, certain qu’il était la cause de ce petit tour de passe-passe. En effet, le garçon avait les mains sous la table et avait éxécuté les symboles nécessaires à sa technique.
Suigetsu eut la bonne idée d’éloigner le verre sans en boire une gorgée. Il croisa de nouveau le regard d’Haku, irrité de cet interrogatoire.
-Ça ne te regarde pas…
-Peut-être, mais je pense que ce n’est pas sans raison, murmura Haku.
-Que tu es perspicace, ironisa Suigetsu sur un ton plat.
Haku refila un nouveau coup de pied dans le mollet de Suigetsu qui avait eu le malheur de détourner le regard.
-Tu es allé rejoindre ces types de l’Akatsuki, c’est ça ?! chuchota Haku, qu’est-ce que tu leur as dit ?
-Je crois que je vais me répéter en disant : lâche moi !
Haku allait lui décocher un nouveau coup de pied, mais Suigetsu s’était levé de table et descendait déjà les premières marches de l’escalier. Haku se lança à sa poursuite, il dévala les marches. Mais à mi-chemin, il glissa sur quelque chose de visqueux sur une marche et descendit les dernières la tête la première. Lorsqu’il attérit sur le ventre au rez-de chaussée, il eut beau regarder de tout les côtés, Suigetsu avait tout bonnement disparu. Haku se releva en se massant les côtes, il remonta l’escalier lentement et regarda à l’endroit où il avait glissé. Il y avait une flaque d’eau, le meilleur moyen de se rompre le cou. Mais à la plus grande surprise d’Haku, cette flaque d’eau s’insinuait sous la marche jusqu’à complètement disparaître. Le jeune homme eut beau tâter le bois, il n’y avait pas trace d’humidité et plus étonnant encore : la fente par laquelle l’eau s’était faufilée si vite n’était pas plus grande qu’un cheveu.
Haku se rappela du combat entre Satsui et Suigetsu, lorsqu’il s’était vu transpercé d’une lance de glace en pleine gorge. Son corps s’était liquéfié à l’instant. Est-ce que ça aussi était une capacité de Suigetsu ? Pouvait-il à tout moment se changer en liquide ? Apparemment c’était le cas. Haku se rendait compte pour la première fois qu’il ne connaissait rien des techniques de Suigetsu, il ne semblait manier que le sabre et quelques techniques Suiton, mais comme Haku, Suigetsu maîtrisait son propre style de jutsu et se le réservait.
Il faudra que je fasse attention…
Haku se releva et monta les marches pour rejoindre la table. Lorsqu’il s’assit sur sa chaise, il sentit le regard de Zabuza qui pesait sur lui. Que pensait-il à ce moment là ?
Le reste de la matinée se passa sans même que les deux ninjas de l’Akatsuki ne montrent le bout de leur nez. Zabuza s’attendait à les recevoir dans l’après-midi ; Haku espérait intimement que les deux ninjas aient désisté à leur rendez-vous, mais il se doutait bien que cette espérance n’avait rien de très crédible. Zabuza lui avait même ordonné de rester à l’intérieur si les visiteurs venaient à se montrer. Haku accepta les ordres du déserteur, bien qu’il fut contrarié que les derniers moments à passer avec Zabuza se passent sans ce dernier.
Il était treize heure passé lorsque les tuniques rouges et noires de l’Akatsuki pointèrent entre les arbres. Haku avait été l’un des premiers à les avoir vu pénétrer le domaine avec les sentinelles comme escorte. Ces derniers étaient encore plus soupçonneux que jamais avec ces deux ninjas après leur échec passé à protéger la demeure de leur intrusion. Zabuza était allé à leur rencontre, suivit de Suigetsu. Haku était resté à un balcon, à scruter du regard cette procession. Mais malgré la distance, Haku entendait parfaitement la discussion qui se déroulait plus bas.
Kisame empoigna le bras de Zabuza dans un salut solennel. Il semblait bien plus à l’aise que lors de sa dernière visite.
-Alors, j’espère que tu as bien réfléchit à ma proposition, fit Kisame souriant, et que je ne suis pas venu pour rien…
Zabuza acquiesça silencieusement. Il regarda son ancien compagnon d’arme dans les yeux, puis glissa son regard sur les tenues qu’arboraient les ninjas déserteurs. Même au dernier moment, il semblait hésiter sur la réponse à donner.
-J’ai réfléchit, et j’espère avoir fait le bon choix…Mais avant de te donner ma réponse, j’aimerai que tu m’accordes une faveur.
Kisame siffla entre ses dents, visiblement ennuyé de la demande du ninja.
-Je te l’ai déjà dit, tu ne pourras pas emmener ta clique de déserteur, répondit Kisame, pas même tes disciples. Personne dans notre organisation n’en a le droit.
-Pourtant, je crois connaître quelqu’un qui a déjà transgressé cette loi…fit Zabuza en adressant un regard à Orochimaru.
Le ninja au teint pale lui répondit d’un sourire suffisant et assuré. Kisame voulut protester, mais Zabuza ne lui laissa pas le temps de répondre, continuant sur le fil de ses paroles.
-…Mais ce n’est pas de ça dont je veux parler. Si je dois rejoindre votre club, je veux être sûr que je ne m’embarque pas avec des faiblards qui viennent pour profiter de mon potentiel…
Kisame arqua un sourcil devant la mise en bouche de Zabuza, il fixa le déserteur quelques instants, cherchant à deviner ce qu’il souhaitait vraiment.
-…Voilà ce que je te demande : je te lance un défi à toi Kisame.
Kisame fut surpris de cette annonce, même Orochimaru changea d’attitude devant le déserteur, il paraissait autant troublé que son coéquipier. Le ninja aux allures de requin esquissa un sourire et regarda les visages autour de lui, presque mal à l’aise devant ce public muet.
-Que veux-tu que je te prouve en me battant contre toi ? demanda finalement Kisame.
-Je veux voir ce que t’a apporté cette organisation, répondit Zabuza, je veux constater quel pouvoir tu as gagné en entrant chez eux.
Kisame fixa Zabuza plus intensemment.
-Tu veux dire que si je perd face à toi, tu refuseras de nous rejoindre ? demanda Kisame, il faut donc que je te batte pour que tu t’allies à nous.
-Peut être bien…
Kisame ne parut pas convaincu de la réponse de Zabuza, cela lui semblait comme un piège qu’on lui tendait. Mais Kisame aimait aller à la rencontre des problèmes. Le ninja déserteur se redressa de toute sa hauteur et tâta le manche de sa lame.
-Très bien, quelles sont les règles pour ce combat ?
-Tous les coups sont permis, le combat s’arrêtera au premier sang versé, répondit Zabuza.
-Très bien, où est-ce que ça va se jouer ?
-Suis moi.
Zabuza prit la tête du cortège et mena les ninjas vers le terrain d’entrainement. Les ninjas au service de Zabuza se répartirent autour du terrain vague, cherchant la meilleure place pour assister au combat. Haku pouvait admirer le spectacle de la hauteur où il se trouvait, un tremblement incertain parcourut ses mains.
C’est maintenant que tout va se jouer…
En ce moment même, Haku espérait sincérement que Zabuza vienne à bout de son adversaire, mais le jeune garçon ne savait rien de la force de ce Kisame et cette inconnue dans ses calculs faussait son espérance. Haku ne pouvait plus que contempler le fil du destin se tisser de lui-même.